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NOUVELOBS.COM | 12.08.05

PIB : +0,1% au deuxième trimestre

vendredi 12 août 2005
Une performance nettement inférieure aux +0,5% anticipés par la Banque de France et moins bonne que celle de ses voisins.

La croissance française a désormais peu de chance d’atteindre les 2% espérés par le gouvernement en 2005 en dépit de l’embellie attendue en deuxième partie d’année, estiment les économistes au vu de ses performances au premier semestre.

Le Produit intérieur brut (PIB) de la France au second trimestre n’a augmenté que de 0,1% par rapport au précédent, en net ralentissement par rapport aux trois premiers mois de l’année pour lesquels il a d’ailleurs été revu en légère hausse (+0,4%).

Ce chiffre, communiqué vendredi 12 août, n’est que la première estimation de l’Insee et est susceptible d’être sensiblement modifié dans les semaines à venir : il n’en constitue pas moins une déception.

La Banque de France prévoyait il y a encore quelques semaines un taux de +0,5%, tandis que les économistes attendaient en moyenne quelque +0,2%. L’acquis de croissance sur le semestre est de 1,2%.

"Combat difficile"

Le gouvernement français avait revu en baisse en juin sa prévision de croissance pour l’ensemble de l’année 2005 : il vise officiellement un "plafond" de croissance de 2%, alors qu’il espérait auparavant un taux compris entre 2 et 2,5%. "On se bat pour cela.

C’est un combat difficile, mais c’est un combat que nous sommes déterminés à mener", a assuré début août le ministre de l’Economie Thierry Breton. Les analystes tablent de leur côté sur un taux d’environ 1,5%.

La performance de la France au deuxième trimestre apparaît moins bonne que celle de ses voisins : Eurostat avait annoncé jeudi une progression de 0,3% du PIB de la zone euro ainsi que celui de l’Union européenne au deuxième trimestre.

Pour Nicolas Bouzou, économiste de Xerfi, le chiffre du 2è trimestre pour la France est sans conteste "très mauvais".

"Trimestre blanc"

"Le point le plus important qui ressort, c’est que la croissance française est structurellement molle, alors même que le monde est entré depuis 2004 dans une période de développement économique accéléré", constate-t-il, avant d’appeler à "des changements profonds, en particulier pour assouplir le marché du travail et pour rendre plus concurrentiel le marché des services".

Philippe Waechter, de Natexis Asset Management, évoque un "trimestre blanc pour l’économie française".

Mais le plus inquiétant, selon les analystes, est que le rebond attendu au second semestre demeure largement suspendu au bon vouloir de l’euro et du pétrole.

L’amélioration du moral des milieux d’affaires constatée un peu partout en Europe en juillet y était d’ailleurs directement liée.

Reprise "fragile"

La Commission européenne s’est voulue optimiste jeudi en mettant en avant "les effets d’un taux de change favorable et un environnement économique international qui s’améliore" pour justifier le maintien d’une prévision de croissance de 0,2%-0,6% pour le troisième trimestre dans la zone euro, et même de 0,4-08% pour le quatrième. Mais l’euro a nettement regagné du terrain ces dernières semaines. A près de 1,25 USD, il est au plus haut depuis début juin.

Quant au pétrole, on assiste à un véritable emballement depuis une dizaine de jours : les records à la hausse sont franchis les uns après les autres. Le baril a dépassé les 66 dollars vendredi matin sur les marchés asiatiques, soit plus du double de son niveau de début 2003.

Au final, "cette reprise apparaît fragile et sera, par là même, limitée. Pis, si le baril continue de croître et si l’euro ne retrouve pas rapidement le chemin de la baisse, elle pourrait disparaître aussi vite qu’elle est apparue", résume Marc Touati, de Natexis Banques Populaires.

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