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Leïla de Comarmond | Les Echos du 8.11.2012

Plan Ayrault : la CGT se fâche

vendredi 9 novembre 2012 par LEÏLA DE COMARMOND

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, n’a pas tenu hier sa dernière conférence de presse en tant que secrétaire général, il a déjà donné rendez-vous le 4 décembre. Mais celle-ci avait une dimension particulière, puisqu’elle scellait à la fois la fin de la crise provoquée par le choix de son successeur et la présentation de celui qui a été, en définitive, choisi, Thierry Lepaon. « On est sur une page tournée », a affirmé le secrétaire général, qui passera la main au congrès du 15 au 22 mars à Toulouse, mais n’a pour l’instant « aucune idée » de ce qu’il fera après.

Mais le sujet du jour pour la centrale ce n’était pas le passage de témoin. C’était le plan annoncé la veille par Jean-Marc Ayrault. La CFDT avait fait état immédiatement de sa mauvaise humeur, la CGT, elle, a attendu 24 heures, mais cela n’a pas fait retomber sa colère. « Le patronat va avoir le beurre et l’argent du beurre, 20 milliards d’euros, alors qu’on dit à nos concitoyens qu’on ne sait pas comment boucler le budget de l’Etat, on dit stop ! », s’est emporté Bernard Thibault, ajoutant que cette somme « s’ajoute aux 170 milliards d’aides dont bénéficient déjà les entreprises ». Ces « aides supplémentaires seront financées par les ménages via la TVA », fustige-t-il encore. « Si on prend pour argent comptant le pronostic de 300.000 créations d’emplois avancé par le gouvernement, cela fait 67.000 euros l’emploi ; ça fait cher l’emploi », a poursuivi le leader syndical. « Je comprends pourquoi Laurence Parisot a dû boire le champagne mardi soir », a-t-il conclu.

Rendez-vous le 22 novembre

Le numéro un de la CGT a annoncé qu’il irait rencontrer Jean-Marc Ayrault le 22 novembre pour « l’amener à revoir certaines dispositions de ce plan ».

Bernard Thibault a dans le même temps annoncé la signature par la CGT de deux accords interprofessionnels, sur le dialogue social dans l’Union nationale des professions libérales et, surtout, sur le contrat de génération. Cette décision n’était pas une surprise. Alors que la négociation sur la sécurisation de l’emploi est très tendue, c’est une façon pour la centrale de montrer qu’elle continue à jouer la carte de la négociation et ne joue pas l’opposition systématique avec le gouvernement, puisque le contrat de génération est une promesse électorale de François Hollande. Mais le dirigeant de la CGT a aussi annoncé que, après être « allée au bout de la négociation avec le patronat », son organisation avait bien l’intention d’obtenir des parlementaires qu’ils améliorent le dispositif du contrat de génération.

Thierry Lepaon, en charge des questions de formation actuellement à la commission exécutive de la CGT (direction élargie), a insisté sur les insuffisances du dispositif en matière de formation.

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