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Une dépèche AFP et Reuters parue sur Lemonde.fr, le 18 mars 2006

Plusieurs dizaines de milliers de manifestants anti-CPE à Paris et en régions

samedi 18 mars 2006

Les anti CPE sont en phase de réussir leur pari : selon les syndicats, la troisième journée de mobilisation contre le contrat première embauche (CPE) aurait réuni plus d’un million de personnes, dont 350 000 à Paris. L’Agence France Presse a recensé 1 145 000 personnes, selon les chiffres des organisateurs.

Partis en début d’après midi de la place Denfert-Rochereau, les étudiants et les lycéens ouvraient le défilé en dansant et chantant derrière les camions de sonorisation, devant les syndicats de salariés. De nombreux parents d’élèves accompagnaient leurs enfants. Sur les banderoles, les opposants au CPE multiplient les jeux de mots, déjà rodés après plusieurs semaines de mobilisation : "assez d’être Citrons Pressés Essorés", "Droit à l’avenir" ou "Non aux jeunes jetables". "C comme chômage, P comme Précaires, E comme Exclusion", scandent les cortèges lycéens. Une pancarte montrait Dominique de Villepin entouré de flammes avec le slogan "Contrat pour l’enfer (CPE)", une autre affichait "CPE : Comment Perdre les Elections ?" Des jeunes manifestants scandaient : "A ceux qui veulent précariser les jeunes, les jeunes répondent ’résistance’".

" CPE : COMMENT PERDRE LES ELECTIONS ?"

Plusieurs leaders de l’opposition, les socialistes Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, ainsi que la communiste Marie-George Buffet, étaient présents dans le cortège.

"C’est une manifestation massive et M. de Villepin serait bien inspiré de retirer immédiatement le CPE", a renchéri Maryse Dumas, numéro deux de la CGT. Le leader de la CFDT, François Chérèque, a déclaré : "On ne pourrait pas comprendre qu’un premier ministre face à une telle manifestation reste dans son entêtement". De son côté, Jean-Claude Mailly, secrétaire-général de FO a dit qu’"on ne veut pas d’un dialogue de dupes. Il faut qu’il accepte qu’on ne veut pas du CPE et à partir de là on peut négocier" .

ENTRE 20 000 ET 50 000 PERSONNES À TOULOUSE

Bruno Julliard, le président de l’Unef, affirmait au départ du défile : "aujourd’hui, on voit bien que la mobilisation est de plus en plus forte. Soit le gouvernement entend raison et retire le CPE dès aujourd’hui, soit il sera obligé de le faire la semaine prochaine parce qu’on sera redescendu dans la rue. Le gouvernement doit savoir qu’on ne lâchera pas prise. Le seul préalable à toute discussion, c’est le retrait du CPE. Nous sommes confiants, le mouvement va réussir". Les autres syndicats étudiants haussent le ton à l’image de Philippe Jamin (SUD-étudiant) : "Si le gouvernement ne bouge pas après cette manifestation, nous appellerons à la grève générale partout et à manifester tous les mardis et jeudis".

En régions, les manifestations ont commencé un peu plus tôt dans la journée. Les défilés ont rassemblé des foules nombreuses : à Toulouse entre 21 000 et 50 000 personnes, à Rennes entre 15 000 et 35 000, à Lyon de 10 000 à 25 000, à Roanne de 4 500 à 15 000, à Poitiers de 7 000 à 10 000, à Pau de 9 500 à 15 000. On dénombre également entre 4 500 et 10 000 personnes à Strabrourg, entre 10 et 20 000 à Montpellier, plus 20 000 en Lorraine. A Tulle, où l’on a dénombré de 4 à 7 000 manifestants, François Hollande, le premier secrétaire du PS, a pris part au défilé.

Les syndicats doivent se réunir dans la soirée à Paris pour décider de la suite à donner au mouvement, peut-être sous la forme d’un mot d’ordre de grève pour la semaine prochaine.

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