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Article de Anne Roy paru dans L’Humanité du 8 décembre 2006

Porte entrouverte aux travailleurs roumains et bulgares

vendredi 8 décembre 2006 par Anne Roy
Libre circulation . Paris avait attendu deux ans pour permettre aux ressortissants des dix pays entrés en 2004 de travailler dans certains secteurs de son économie.

Une ouverture « progressive et maîtrisée », « en concertation avec les partenaires sociaux », mais une ouverture immédiate au marché du travail français. Voilà la bonne nouvelle que Catherine Colonna, la ministre française des Affaires européennes est venue annoncer en personne aux Roumains et aux Bulgares, lors d’un déplacement à Sofia et Bucarest, les capitales des deux pays qui rejoindront l’Union européenne le 1er janvier prochain. En d’autres termes, alors que la France avait attendu deux ans avant de permettre à certains travailleurs issus des dix pays qui ont intégré l’Union en mai 2004 de venir travailler sur son territoire, elle tient à manifester « sa confiance » envers les nouveaux venus. Mais avec prudence. Ou plus crûment, à profiter de cette main-d’oeuvre potentielle pour subvenir aux besoins de main-d’oeuvre dans 65 métiers de sept secteurs économiques qui peinent à recruter : bâtiment et travaux publics, hôtellerie-restauration, alimentation, agriculture, mécanique, travail des métaux, industries diverses, industries de transformation, commerce et vente, propreté.

Un signe encourageant pour les deux pays, heurtés par la décision du Royaume-Uni, de l’Irlande et de l’Espagne, d’appliquer à leur égard un statut différent de celui qu’ils ont accordé aux autres Européens de l’Est et de limiter l’accès à leur marché du travail. Les deux premiers avaient en effet été les seuls, avec la Suède, à accueillir sans restrictions les travailleurs des nouveaux pays dès leur entrée dans l’Union en 2004. Un recul qui va à l’encontre des recommandations de la Commission européenne qui souhaite abolir ces restrictions (obligations de permis de travail parfois assortis de quotas) qu’elle limite de toute façon à une période de sept ans après l’adhésion des deux nouveaux membres.

En janvier dernier, alors que Bruxelles sommait les « anciens » de l’Union de statuer sur un éventuel changement de leur politique à l’égard des travailleurs de l’Est à l’occasion de l’anniversaire des deux ans de l’élargissement, les dix nouveaux avaient profité de l’occasion pour exprimer leur frustration d’être traités en « Européens de seconde classe ». En mai 2006, l’Espagne, le Portugal, la Finlande et la Grèce ont levé l’ensemble de leurs restrictions à l’égard des Dix, l’Autriche et l’Allemagne ont maintenu leurs « barrières », et tous les autres ont ouvert leurs portes avec quelques restrictions. En résumé, pour l’instant, la Tchéquie, la Slovaquie, la Pologne, la Grèce, la Finlande, la Lettonie et l’Estonie ont décidé d’ouvrir leur marché du travail à la Bulgarie et la Roumanie. La France, le Danemark, l’Irlande, le Luxembourg, l’Espagne et la Grande-Bretagne vont introduire certaines restrictions. Les autres membres de l’Union européenne ne se sont pas encore prononcés.

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