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NOUVELOBS.COM | 29.07.05

Postiers de Bègles : encore un licencié et trois exclus

vendredi 29 juillet 2005
La direction régionale de la Poste a annoncé qu’elle licenciait un contractuel et excluait temporairement trois agents qui avait participé à la séquestration de cadres du centre de tri.

La direction régionale de la Poste à Bordeaux a décidé vendredi 29 juillet de licencier un contractuel et d’exclure temporairement trois des agents qui avaient "séquestré" pendant une vingtaine d’heures des cadres du centre de tri de Bègles fin mai. Quatre autres agents se voient sanctionnés par un déplacement d’office dans un rayon de 30 km, a annoncé Guy Thaureau, le directeur du courrier Aquitaine nord au cours d’une conférence de presse.

Les exclusions temporaires sont d’une durée d’un mois pour un agent qui partait à la retraite et de six mois pour deux autres salariés qui retrouveront un poste "en fonction des disponibilités", c’est-à-dire pas nécessairement au centre de tri de Bordeaux, a précisé Guy Thaureau.

Les sanctions s’appliquent "dès leur notification, soit aujourd’hui, vendredi 29 juillet", a-t-il précisé avant de souligner que "pour la Poste, il était primordial que la reconnaissance de faits anormaux soit sanctionnée".

Aucun salaire

Six autres agents avaient déjà été exclus le 13 juillet par le conseil national de discipline pour des durées allant de trois mois à deux ans.

Les agents frappés d’exclusion temporaire ne perçoivent aucun salaire pendant la durée de leur "peine".

Leurs collègues avaient organisé à la mi-juillet une collecte de fond pour les aider financièrement, du fait qu’un fonctionnaire suspendu n’a pas droit au chômage et ne peut demander des aides sociales ou le RMI qu’au bout de trois mois, sans garantie d’acceptation du dossier.

Neuf des postiers ont par ailleurs été mis en examen pour "séquestration de plusieurs personnes", après une plainte de la direction.

Les syndicats Sud-PTT, CGT et CNT-PTT qui ont mené ces dernières semaines des actions et des mouvements de grève pour protester contre les sanctions avaient dénoncé par avance le possible licenciement de Fabrice Duluc, 31 ans, le contractuel qui a été le plus lourdement sanctionné par la direction.

Négociation

Lors de sa conférence de presse, Guy Thaureau a précisé que ce licenciement avait été décidé "en application de la sanction de licenciement pour faute lourde en droit du travail".

Comme les autres sanctions, il avait été discuté à la mi-juillet par le conseil local de discipline de La Poste, une commission paritaire constituée de représentants de la direction et du personnel.

"La négociation se poursuit au centre de tri de Bordeaux. Nous continuons à travailler à sa réorganisation", a ajouté Guy Thaureau.

Les syndicats Sud et CGT protestent depuis plusieurs semaines contre la suppression de 48 postes prévue au centre de tri. Le mouvement avait tourné au bras de fer fin mai quand une soixantaine de grévistes en colère avait retenu le directeur et quatre cadres dans une salle, jusqu’à ce que les forces de l’ordre interviennent 20 heures plus tard à la demande de la direction régionale de la Poste.

"Criminaliser le mouvement social"

L’intervention des forces de l’ordre et les poursuites lancées contre les grévistes avaient suscité en juin des mouvements de grève dans plusieurs centres de tris et des prises de position politique, comme celle d’Olivier Besancenot, porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR).

"Faisant suite à l’intervention musclée, au mois de juin, du GIGN contre les salariés en lutte, et à une indigne campagne de propagande de la direction de la Poste, ces sanctions visent à criminaliser le mouvement social. En cherchant à intimider les postiers, la direction de la Poste prépare le terrain pour passer en force et parachever le démantèlement et la privatisation du service public postal" a indiqué la LCR dans un communiqué vendredi.

Sud-PTT : "de l’acharnement"

Pour Sud-PTT, "ces sanctions sont totalement injustifiées et inacceptables".

"Le seul salarié de droit privé, pourtant délégué syndical, est licencié. (...) Les syndicalistes de Sud-PTT sont particulièrement durement sanctionnés, puisque 2 d’entre eux écopent de 6 mois de suspension. Après les sanctions extrêmement lourdes prononcées contre les 6 syndicalistes dont le conseils de discipline se sont tenus les 7 et 8 juillet à Paris, La Poste s’attaque frontalement au syndicalisme d’action. Ce n’est plus de la justice, ni même de la discipline, c’est de l’acharnement !" indique la fédération dans un communiqué le 29 juillet.

"A l’heure les dirigeants de La Poste démantèlent l’entreprise publique, privatisent le service public de proximité préféré de la population, ils répriment ceux qui tentent de s’opposer à leurs orientations" ajoute la fédération Sud-PTT qui "mettra tout en oeuvre pour obtenir la réhabilitation de nos collègues" et "proposera dès septembre des initiatives publiques".

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