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Olivier Mayer, Éric Aubin | L’Humanité du 06.07.2011

Pour Éric Aubin, de la CGT : "l’objectif du gouvernement est de baisser les pensions."

jeudi 7 juillet 2011 par Olivier Mayer, Eric Aubin

Pour Éric Aubin, secrétaire confédéral de la CGT chargé des retraites, les salariés subiront une diminution du niveau de leur pension.

Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, vient d’annoncer que le décret portant 
la durée de cotisation 
à 41 ans et demi pour 
une retraite à taux plein est en préparation. Est-il obligé de suivre ainsi la recommandation 
du Conseil d’orientation des retraites (COR)  ?

Éric Aubin. Non. Et ce n’est d’ailleurs pas une recommandation. Le COR va donner un avis technique  : à partir d’un constat portant sur un allongement de l’espérance de vie, il traduit en fonction de la réforme Fillon de 2003 ce que cela signifierait en termes de durée de cotisation. Je ne suis pas surpris que Xavier Bertrand mette en œuvre la réforme de 2003. Nous, nous l’avons combattue parce qu’elle contenait cette augmentation de la durée de cotisation. Il faut noter que, vu la situation actuelle de l’emploi, du chômage, notamment celui des seniors, qui continue de croître, l’objectif du gouvernement est de baisser les pensions. Et ce sera la conséquence de cette augmentation de la durée des cotisations.

Vous parlez de «  double peine  ». 
Dans quel sens  ?

Éric Aubin. Double peine parce que le recul de l’âge légal de départ à la retraite se double de l’augmentation de la durée de cotisation. Jouer sur ces deux tableaux à la fois est un fait unique en Europe. Cette réforme est la plus dure d’Europe. Autour de nous, les pays sont à 37 ans, voire 35 ans, pour une retraite à taux plein, en aucun cas à 41 ans et demi.

On peut aujourd’hui mesurer pleinement 
les effets négatifs des réformes menées 
depuis des années...

Éric Aubin. Au bout de quinze ans, on a vu les effets de la réforme Balladur de 1993. Le passage des 10  aux 25 meilleures années a coûté 15 % de niveau des pensions en moins. Huit ans après 2003, on voit les effets de la réforme que nous avons combattue. Et on voit déjà les effets de la réforme de 2010. La non-reconduction de l’allocation équivalent retraite (AER) va mettre des dizaines de milliers de demandeurs d’emploi en fin de carrière en situation de non-ressource. Et dans les mois et les années qui viennent, on verra encore les pensions baisser.

Mais ne faut-il pas en passer par là 
pour sauver le régime des retraites  ?

Éric Aubin. S’il en était ainsi, ce serait un moindre mal. Mais ça ne sauvera en rien le régime des retraites, dans la mesure où les questions de son financement ne sont en rien réglées. La CGT demande depuis 1993 une véritable réforme du financement de la protection sociale et des retraites. Et il faut une autre politique de l’emploi.

Tous les syndicats sont opposés à cette mesure, mais on a l’impression 
que tout est joué…

Éric Aubin. À la CGT, nous réunissons aujourd’hui même la commission exécutive confédérale pour débattre d’une proposition d’action aux autres organisations syndicales. Ce pourrait être 
le 6 octobre. Ce sera une rentrée particulière, avec la campagne présidentielle et une situation sociale dure. 
Le pacte euro plus s’annonce comme 
un corset d’austérité pour toute l’Europe. Emploi, salaires, financement de la protection sociale et promotion des services publics seront les thèmes majeurs de cette rentrée.

Allez-vous interpeller les candidats 
sur la réforme des retraites  ?

Éric Aubin. La CGT aura des choses à dire aux candidats à l’élection présidentielle, 
bien entendu. Ils ne devront pas oublier ce que des millions de salariés ont exigé dans 
la rue en 2010.

Entretien réalisé par 
Olivier Mayer

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