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Un article paru sur lemonde.fr d’après des dépèches AFP et Reuters le 13 octobre 2005

Pour M. de Villepin, la fin de la grève à la SNCM écarte le risque d’un dépôt de bilan

jeudi 13 octobre 2005

près vingt-quatre jours de conflit, les grévistes de la SNCM ont voté à une écrasante majorité la reprise du travail, jeudi 13 octobre, pour éviter un dépôt de bilan de la compagnie maritime.

Un demi-millier de marins et de salariés sédentaires ont participé au vote, qui a eu lieu à bulletin secret, au cours d’une assemblée générale à bord du ferry Méditerranée. Un marin a estimé que la remise en activité de la flotte de la SNCM, qui compte dix bateaux, nécessiterait au moins quarante-huit heures. Les rotations vers la Corse et le Maghreb ne devraient donc pas reprendre avant dimanche ou lundi.

Pour Jean-Paul Israël, secrétaire général CGT des marins de Marseille,"le combat ne s’arrête pas là. C’est dur pour les salariés, mais les repreneurs privés, je leur souhaite bien du plaisir, car le personnel n’a pas renoncé à combattre", a-t-il déclaré à la presse. "Autant on peut se battre face au gouvernement, autant on ne peut pas faire face à la justice", a-t-il ajouté, dans une allusion à la perspective du dépôt de bilan qu’encourait la compagnie maritime en cas de poursuite de la grève.

LE STC SE SENT "TRAHI"

Il a annoncé que les syndicats allaient se rendre en préfecture à Marseille, pour y "négocier le protocole de sortie de conflit". "Je ne mets pas un genou à terre, je fais un pas en arrière", a de son côté déclaré Bernard Marty, secrétaire CGT du comité d’entreprise. Précisant que la CGT n’acceptait pas pour autant le plan gouvernemental, il a ajouté : "il est clair que le combat continue".

Le Syndicat des travailleurs corses (STC), majoritaire parmi les quelque 800 salariés résidant dans l’île, a appelé ses membres à reprendre le travail, tout en se sentant "trahi" par la CGT, a déclaré le dirigeant de sa branche marins, Alain Mosconi. "La CGT veut reprendre le travail, ils reprennent le travail, alors nous reprenons le travail malgré nous, face à une mascarade, une manipulation parisienne et ses relais locaux de la CGT à Marseille, qui se sont mis à genoux devant le gouvernement", a-t-il déclaré.

Le vote en faveur de la reprise devrait éloigner la menace, jusqu’ici imminente, d’un dépôt de bilan de la SNCM. Un conseil d’administration de sa société holding, la Compagnie générale maritime et financière (CGMF), qui devait se tenir à Paris jeudi, a été reporté à vendredi "pour avoir l’ensemble des informations disponibles", a annoncé le ministre de l’économie, Thierry Breton. Le montant total de la recapitalisation de la SNCM s’élèvera à 35 millions d’euros, a-t-il ensuite annoncé lors d’une conférence de presse, précisant que "75 % de cette somme serait à la charge des partenaires et 25 % à la charge de l’Etat".

M. Breton a par ailleurs confirmé que l’Etat apurerait les dettes de la compagnie à hauteur de 113 millions d’euros. Il a également confirmé le montage financier du plan de reprise de la SNCM : "Après m’être entretenu il y a quelques heures avec BCP [Butler Capital Partners] et Connex [Veolia Environnement], je confirme donc qu’ils sont toujours associés au tour de table", a-t-il dit.

Interrogé sur le fait de savoir si les vingt-trois jours de grève des employés de la SNCM seraient rémunérés, le ministre a répondu "non, on a été très clair là dessus, cela a été indiqué à plusieurs reprises", en référence à l’annonce par Dominique Perben, dimanche, que les journées de grève "ne seraient pas payées, depuis le début" du conflit.

LE DÉPÔT DE BILAN ÉCARTÉ

Dominique de Villepin a réagi à la fin de la grève en estimant que la compagnie aurait "les moyens de continuer à fonctionner". "Nous sommes aujourd’hui dans une situation qui permet d’entrevoir l’avenir de bonne façon", a dit le premier ministre. A la question : "le risque d’un dépôt de bilan est-il écarté ?", il a répondu : "Tout à fait." "A partir du moment où la solution qui a été proposée par le conseil d’administration est acceptée par les salariés et à partir du moment où ils acceptent de reprendre le travail, eh bien, l’entreprise, sur de nouvelles bases, à partir de l’acceptation par tous de cette proposition, pourra effectivement maintenir et développer son activité", a-t-il ajouté.

Thierry Breton avait réagi le premier, estimant que les "messages du gouvernement avaient été entendus sur la gravité de la situation de la SNCM". "Dès lors que l’activité redémarre dans la durée, le risque de dépôt de bilan s’éloignera", a-t-il ajouté. Le ministre des transports, Dominique Perben, a, lui, estimé que la reprise du travail était "une bonne nouvelle", qui "montre que chacun souhaite assumer ses responsabilités de manière constructive". Le projet de reprise prévoit 400 suppressions d’emplois sans licenciement sec. Elles se répartiront entre "des mesures d’âge [préretraites], des départs volontaires et des reclassements chez Connex, car il est le seul à avoir des activités dans la région", a détaillé Bruno Vergobbi, le PDG de la SNCM. Il a estimé que la mise en œuvre du plan de reprise de la compagnie publique demanderait un "délai technique" de deux mois et demi.

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