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Produit intérieur brut

mardi 3 février 2009 par Pierre Ivorra

Le produit intérieur brut, le PIB, mesure la valeur des biens et des services achetés par le consommateur final et produits dans un pays généralement dans l’année. Il désigne donc la création de richesses nouvelles, soit le total de la valeur ajoutée produite par les entreprises, les administrations, les entrepreneurs individuels. Il comprend les biens et services marchands et non marchands : l’industrie et aussi l’école, l’armée…

Trois approches sont utilisées pour évaluer notre PIB. On peut le faire en termes de production en additionnant toutes les valeurs ajoutées créées par les agents économiques du pays. Pour résumer en une formule, cela donne : PIB = somme des valeurs ajoutées + TVA + droits et taxes sur les importations-subventions sur les produits. En second lieu, on peut l’apprécier en fonction des dépenses et l’on additionne les achats des usagers finaux, les ménages (dépenses pour l’alimentation, les loisirs, l’éducation et la culture…), les entreprises (leurs investissements) et l’on y ajoute ou l’on en retranche les variations de stocks. Cela donne la formule : PIB = consommations des ménages + investissements des entreprises + variation des stocks + exportations-importations.

Enfin, on peut aborder le sujet en décomposant les revenus : rémunération des salariés, profits bruts des entreprises et des entrepreneurs individuels… Et cela donne la formule : PIB = rémunérations des salariés + profits bruts + impôts sur la production et les importations-subventions + solde du revenu avec l’étranger.

La première approche permet notamment de mesurer certaines mutations à l’oeuvre. C’est ainsi que l’on peut constater que la part des services marchands dans la valeur ajoutée totale a beaucoup augmenté : 34 % en 1949, près de 56 % aujourd’hui. Dans le même temps, le poids des services principalement non marchands est passé de 12 % à 21 %. À l’inverse, le poids de l’industrie est aujourd’hui moitié moindre (14 % contre 27 % en 1949) et celui de l’agriculture a fondu (2 % contre 21 %). Tout cela est l’un des effets de la révolution informationnelle qui commence.

La seconde approche peut aider à comprendre les évolutions de la consommation, le recul de l’alimentation dans les dépenses des ménages, la très forte progression de celles touchant au logement ou aux produits issus des nouvelles technologies. Mais également d’apprécier le poids de l’investissement dans les dépenses des entreprises, leur nature…

La troisième permet d’évaluer l’équilibre entre salaires et profits. Pour les sociétés non financières, la part des rémunérations dans la valeur ajoutée, après être montée jusqu’à 70 % en 1982, a décru ensuite pour osciller autour de 65 %. Les profits ont eux suivi le chemin inverse. Attention ce rapport n’est pas un indicateur de pouvoir d’achat, il est plutôt le produit d’évolutions complexes : de la population active (91 % des personnes qui travaillent aujourd’hui sont salariées, contre 64 % en 1949), de la productivité et des qualifications, mais aussi de la montée du chômage, de la précarité. Les modifications du rapport de forces entre employés et employeurs, les politiques d’austérité des gouvernements successifs ont aussi fortement pesé.

Sur ces sujets, l’une des originalités des économistes communistes est d’avoir souligné l’importance du type de productivité à l’oeuvre qui privilégie l’accumulation des capitaux au détriment de l’emploi, des salaires… et l’accélération du phénomène avec la révolution informationnelle, la mondialisation qui ont favorisé un gonflement de l’accumulation financière. On en revient ainsi aux sources de la crise actuelle et aux alternatives qui appellent un dépassement du type de productivité capitaliste.

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