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Camille Peyrache | Le Figaro le 23.10.2007

Produits alimentaires : la note est salée

jeudi 8 novembre 2007 par Camille Peyrache
Reportage. La hausse des prix des produits alimentaires frappe d’ores et déjà le porte-monnaie des ménages, comme le montrent nos relevés de prix pratiqués depuis un mois.

L’augmentation des prix annoncée comme inévitable depuis plusieurs semaines par les industriels de l’agro-alimentaire est en train de devenir réalité. D’après nos relevés de prix pratiqués depuis un mois dans les rayons d’un hypermarché d’une grande chaîne, les produits alimentaires s’affichent en forte hausse depuis quelques jours. Le fromage, le beurre, le lait, les pâtes, les œufs, et plus légèrement le chocolat et la viande voient leur prix grimper.

Les produits laitiers fortement touchés. Les produits frais à base de lait affichent les plus fortes hausses. Ainsi, la tablette de beurre "Président" était vendue il y a quinze jours à 6 euros/kg, contre 7,14 euros aujourd’hui, soit une hausse de 19,8%. Heureusement qu’une bannière "prix choc" enveloppait le produit, le consommateur ne pourra pas dire qu’il n’avait pas été averti. Les œufs Matines sont passés de 0.20 euro l’unité à 0,23 euro, soit une hausse de 15%. Les spaghettis Panzani s’apprécient de 6,3% passant de 1.58 euro/kg à 1,68.

Les industriels protègent leur marge. Autre exemple, les 16 yaourts nature de marque Danone ont augmenté plus tôt que prévu, de 8% en un mois passant de 3 à 3,24 euros le kilo.

En effet, Danone a annoncé, il y a une dizaine de jours, une hausse de 10,48% pour ses produits, le 21 novembre prochain. Même évolution chez le numéro deux européen du fromage, Lactalis, qui a décidé de relever tous ses prix de 15% à 17% début décembre. Tous les autres industriels devraient suivre la même tendance arguant l’augmentation des matières premières. Cependant, pour l’instant, toutes les marques ne sont pas logées à la même enseigne. Les marques de distributeurs et les premiers prix ne varient pratiquement pas depuis le début de notre enquête, il y a un mois, cela pourrait cependant changer dans les semaines à venir.

Des hausses illégitimes ? Cependant des voix s’élèvent, ici et là, pour dénoncer des hausses plus importantes que l’augmentation réelle des coûts des matières premières. Il y a deux semaines, le secrétaire d’Etat à la Consommation, Luc Châtel regrettait les fortes hausses en déclarant : "les prix du lait ont baissé de 25% ces 5 dernières années mais je n’ai jamais vu le prix des yaourts baisser". De son côté, la Coordination Rurale, un syndicat agricole basé dans le Gers accuse les industriels de désinformation. "1,4%, c’est l’impact réel de la hausse du prix du lait (payé aux producteurs, ndlr) sur le prix de revient des produits laitiers, bien loin des 10% ou 17% annoncés par les industriels", explique l’organisation agricole. Les industriels s’en défendent à l’image de Xavier Durieu, le secrétaire général de la Fédération européenne du commerce de détail et de gros qui fait valoir qu’on assiste aujourd’hui à "un rattrapage" après plusieurs décennies de prix alimentaires peu élevés.

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