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Un article de Muriel Motte paru dans le Figaro du 18 février 2005

Profits, dividendes : 2004, année record

vendredi 18 février 2005 par admin
Rarement les entreprises françaises auront été aussi riches. Rarement elles auront dégagé d’aussi beaux résultats que ceux de l’année 2004. Dans ce contexte, les actionnaires sont particulièrement choyés, mais les dividendes ne sont pas tout. Quid des investissements et de la politique salariale ?

Comment faire fructifier d’aussi beaux profits ? La question ne concerne pas seulement Total qui, à l’instar des autres groupes pétroliers mondiaux, a annoncé hier un bénéfice annuel record de 9 milliards d’euros, le plus gros réalisé par une entreprise française. L’année 2004 a aussi été très faste pour les grandes banques hexagonales. Ainsi que pour le groupe Arcelor, qui a profité de l’explosion de la demande mondiale d’acier.

La saison des résultats est loin d’être achevée, mais les analystes attendent déjà une progression d’environ 30% du bénéfice par action des entreprises de l’indice CAC 40. Autant dire que, si les déceptions ne sont pas absentes du paysage (voir tableau), les sociétés françaises ont su profiter l’an passé du dynamisme de la croissance mondiale, en dépit de la force de l’euro.

Reste maintenant à gérer cette richesse. Le cash-flow disponible des 45 plus grands groupes industriels cotés, c’est-à-dire ce qui reste dans leurs caisses après le financement de l’exploitation et des investissements industriels, a progressé de 50% en trois ans. Il a représenté l’an dernier 4,5% de leur chiffre d’affaires, contre 1,5% seulement avant la « bulle ». Les excès des années 90 ont assagi les chefs d’entreprise qui ont rogné sur toutes leurs dépenses, y compris d’investissement.

L’endettement, hier considéré comme le levier indispensable du développement, a été impitoyablement traqué. Si la tendance actuelle se poursuit, la moitié des grands groupes français seront proches ou en situation de trésorerie nette positive en 2006, constatait récemment une étude de la société Cheuvreux.

Mais l’accumulation de cash a ses limites. Certes, les entreprises ont les moyens d’être plus généreuses avec leurs actionnaires, ce qu’elles font sous forme de dividendes et de rachats d’actions. Elles répondent en cela à la demande des gérants de fonds qui s’affichent depuis plusieurs mois dans les sondages très demandeurs d’une redistribution de cette richesse aux actionnaires.

Néanmoins, aux États-Unis, les marchés sont en train de sortir de ce que les spécialistes qualifient de « logique de rente ». Là-bas, les entreprises sont à nouveau plongées dans un cycle de fusions-acquisitions, tout ou partiellement payées en cash. Nul doute que les groupes européens seront tôt ou tard gagnés par le besoin de grandir autrement que par pure croissance interne. Les économistes comptent en tout cas sur leur bonne santé pour alimenter la croissance cette année. Via leurs investissements, leur politique salariale et leur distribution de dividendes.

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