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Jean-Michel Bezat | Le Monde le 03.02.2009

Projet Nabucco : les Européens veulent diversifier leur approvisionnement gazier

mercredi 4 février 2009 par Jean-Michel Bezat

Quinze jours après l’épilogue de la crise russo-ukrainienne sur le gaz, l’Europe s’inquiète toujours pour la sécurité de son approvisionnement.

La Commission de Bruxelles souhaite en particulier relancer le projet Nabucco, un gazoduc de 3 400 kilomètres qui doit relier les pays producteurs de la Caspienne à l’Autriche via la Turquie, sans passer par la Russie. La question sera débattue lors du sommet des pays de l’Union européenne (UE), les 19 et 20 mars. Mais les Vingt-Sept ont du mal à parler d’une seule voix au sujet de ce pipeline dont la mise en service était initialement prévue en 2013.

La chancelière allemande, Angela Merkel, juge que les trois grands "tuyaux" à l’étude ou en construction - Northstream, Southstream et Nabucco - doivent recevoir un soutien européen, même si les deux premiers sont pilotés par le groupe russe Gazprom. Le premier ministre tchèque, Mirek Topolanek, dont le pays préside l’UE, affirme de son côté que le pipeline Southstream, contournant l’Ukraine par le sud, est une "menace directe" pour Nabucco, jugé "prioritaire et stratégique" par l’Europe.

Dans une lettre adressée au président de la Commission, José Manuel Barroso, et à M. Topolanek, et rendue publique jeudi 29 janvier, la chancelière souligne que les Vingt-Sept devraient "pousser à la finalisation (...) d’un accord de partenariat et de coopération avec la Russie". Il ne s’agit pas d’isoler Moscou, mais de reconnaître l’interdépendance entre le premier producteur mondial et son principal client, l’UE.

PLAN DE RELANCE EUROPÉEN

Près de 40 % de ses approvisionnements provenant de Russie, l’Allemagne est le pays européen qui a le plus à gagner à de bonnes relations avec Moscou. Ses entreprises sont déjà liées à Gazprom et participent au consortium Northstream présidé par l’ex-chancelier Gerhard Schröder.

Mme Merkel estime que ce projet reliant la Russie à l’Allemagne sous la Baltique, en évitant la Biélorussie et la Pologne, est "important (pour) assurer de façon fiable les (...) importations européennes", même s’il empoisonne les relations entre Berlin et Varsovie. Southstream, qui reliera la Russie à la Hongrie et à l’Italie, en contournant l’Ukraine, est stratégique. Nabucco n’est, selon elle, qu’une voie de diversification parmi d’autres.

L’UE a proposé, mercredi 28 janvier, de consacrer 3,5 milliards d’euros à des projets énergétiques dans le cadre du plan de relance européen décidé fin 2008. Elle plaide pour un renforcement des interconnexions gazières et la mise en place d’un marché intérieur qui réduiraient les risques de coupure. Les pays ayant des stocks importants aideraient les zones plus vulnérables en temps de crise.

Ce plan prévoit le versement de 250 millions d’euros à la Banque européenne d’investissement (BEI) pour des prêts aux entreprises engagées dans Nabucco, dont le coût est estimé à 8 milliards d’euros. Devenu "prioritaire" pour l’UE depuis la crise russo-ukrainienne de l’hiver 2005-2006, il n’a jamais bouclé son financement. Nombre d’experts ne le jugent pas rentable, à moins d’être aussi alimenté par du gaz russe et/ou iranien.

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