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Article de Patrick Roger paru dans Le Monde du 30 aout 2006

Quand les socialistes défendaient l’ouverture du capital d’EDF et de GDF

mercredi 30 août 2006 par Patrick Roger

C’était en juin 2004, quand le Parlement débattait du projet de loi sur le secteur public de l’électricité et du gaz. Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’économie, affrontait les critiques sur le changement de statut des deux entreprises publiques et assurait que la participation de l’Etat dans leur capital ne pourrait descendre en dessous de 70 %. "Je l’affirme parce que c’est un engagement du gouvernement : EDF et Gaz de France ne seront pas privatisés", assurait M. Sarkozy à la tribune de l’Assemblée nationale.

La gauche se fait fort, tout au long des débats à venir, de rappeler cet engagement à celui qui est aujourd’hui numéro deux du gouvernement et aspire à devenir président de la République. "C’est sûr que l’on va cibler sur Sarkozy, prévient le président du groupe PS, Jean-Marc Ayrault. Comment faire confiance pour l’avenir à quelqu’un qui manque ainsi à la parole donnée ?"

Un piège que les conseillers du président de l’UMP savaient inévitable et qui explique les réticences du candidat à l’investiture à prendre fait et cause pour ce nouveau projet de loi. Faute de pouvoir y échapper, ses partisans ont donc décidé de retourner la balle à l’envoyeur.

Ils ont épluché les archives et sont allés dénicher les citations de responsables du PS briguant également l’investiture de leur parti pour l’élection présidentielle. Le projet socialiste prévoit en effet de réintroduire le contrôle public à 100 % d’EDF et de mettre en place un pôle public de l’énergie entre EDF et GDF, dont le PS refuse la privatisation.

Une position qui n’est pas toujours allée de soi. En novembre 2001, dans un colloque organisé par La Tribune, Laurent Fabius, alors ministre de l’économie et des finances, évoquait ainsi l’avenir de Gaz de France : "Une entreprise investie de missions de service public peut, sans tabou, nouer des partenariats industriels qui se traduisent par une alliance capitalistique. C’est dans ce cadre qu’avec pour objectif un projet industriel et social ambitieux nous serons ouverts pour faire évoluer, le moment venu, le statut de Gaz de France."

Dominique Strauss-Kahn, quant à lui, dans son livre La Flamme et la Cendre paru en janvier 2002, précisait sa position sur l’ouverture du capital d’EDF : "Le changement de statut d’EDF et l’ouverture de son capital sont compatibles avec le maintien des missions de service public. La part résiduelle de l’Etat devra être suffisante pour assurer un ancrage incontestable, sans pour autant graver dans le marbre le seuil des 50 %."

L’ancien ministre de l’économie n’a d’ailleurs pas hésité à se montrer critique envers le projet du PS, estimant, au lendemain de son adoption, qu’"il y a des priorités sans doute plus importantes que la renationalisation d’EDF".

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