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Réparation navale Marseillaise : Lettre ouverte de bernard thibault au 1er ministre

mercredi 6 mai 2009 par Bernard Thibault

Monsieur le Premier Ministre,

Le dernier grand chantier marseillais, l’UNM (Filiale du groupe espagnol Boluda), a été placé en liquidation judiciaire le 10 mars dernier (un appel du jugement du Tribunal de Commerce sera examiné le 19 mai).

La Société Union Naval Marseille employait 130 personnes et faisait vivre une quarantaine d’entreprises sous traitantes qui emploient quelques 400 salariés.

Spécialisée dans la réparation de navires civils, c’est une des seules sociétés disposant des infrastructures capables d’accueillir des navires de fort tonnage sur le Bassin méditerranéen.

L’activité navale civile française sur la Méditerranée constitue un marché porteur.

De l’aveu même de Maître Geneviève MAILLET, avocate de la direction, « c’est un gâchis absolu parce que c’est une situation qui a été contrainte et non pas voulue.

L’UNM est obligée de partir de Marseille alors qu’elle avait un projet de quinze ans ».

Le marché existe donc et il serait dommageable pour notre pays de se détourner ainsi d’un créneau industriel aussi important.

Ainsi, la CGT a réfléchi à la création d’un groupement d’intérêt économique regroupant les collectivités territoriales, régionales et la participation d’un industriel, étant entendu que ce GIE exercerait son rôle pour la période nécessaire à la recherche d’un repreneur pour l’ex société UNM.

La société DCNS dont l’Etat détient 75 % du capital serait à même de jouer un rôle essentiel pour temporairement user de son influence et potentiel et donner des références à la structure à créer.

Cet industriel de capacité et de renommée conséquentes serait crédible auprès des clients potentiels (SNCM, CMN, croisiéristes, etc.) pour offrir la garantie nécessaire et suffisante requise pour l’activité industrielle du GIE, dont les moyens de production resteraient sur Marseille.

L’Etat, dans cette période de crise où se joue l’avenir industriel de notre pays, doit jouer un rôle décisif. Il dispose, avec DCNS, d’un poids politique et d’un outil industriel aptes à soutenir et relancer l’activité de réparation de navires civils.

Cette proposition, à caractère exceptionnel, ne doit pas bien évidemment remettre en cause la vocation originelle de DCNS, à savoir l’activité industrielle de la navale militaire.

La CGT est disposée, à travers ses organisations territoriales et professionnelles concernées, à étudier avec vos services les détails de ce projet industriel.

Cela pourrait se faire par exemple lors d’une rencontre tripartie entre l’Etat, l’industriel et notre organisation syndicale.

La CGT est persuadée que l’on ne peut faire l’économie de l’étude d’un tel projet, éminemment important pour notre pays, tant en terme de capacité industrielle que de maintien de l’emploi dans un secteur déjà passablement meurtri.

Dans l’attente d’une suite favorable à cette demande, je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, mes salutations distinguées.

montreuil le 5 mai 2009.

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