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Olivier Auguste | Le Figaro le 21.07.2008

Retraite : les faiblesses de la réforme Fillon

lundi 21 juillet 2008 par Olivier Auguste
En plein « rendez-vous 2008 », la Caisse d’assurance-vieillesse souligne le peu de succès de la surcote.

« Constat en demi-teinte » sur l’emploi des seniors, « échec relatif » de la surcote, « effets limités et éphémères » du minimum contributif nouvelle formule… Dans le dernier numéro de Retraite et Société, la Caisse nationale d’assurance-vieillesse (Cnav) publie un bilan peu glorieux de la réforme Fillon de 2003. Celle-là même que l’actuel « rendez-vous 2008 » sur les retraites prolonge.

Ainsi, selon un résumé de la revue diffusé par la Cnav, la surcote (supplément de pension pour ceux qui continuent à travailler alors qu’ils ont « tous leurs trimestres ») n’a guère atteint son objectif : 7,6 % des retraités de l’année 2007 en ont bénéficié. Leurs prédécesseurs de 2003 étaient déjà 7 % à continuer le travail, sans que cela leur rapporte un euro de pension en plus ! En cause, le « manque de volonté des entreprises de conserver leurs travailleurs plus âgés », une « information insuffisante » ou peut-être une « valeur de la préférence pour le loisir » sous-évaluée… Dans l’espoir de faire mieux, l’une des mesures gouvernementales du « rendez-vous 2008 » consiste à relever cette surcote.

Les autres mesures instaurées ou rénovées en 2003 pour retarder le départ en retraite ne rencontrent guère plus de succès, qu’il s’agisse de la retraite progressive (758 bénéficiaires en juin 2007 contre 673 fin 2003 et… le double en 1993) ou du cumul emploi-retraite. À l’inverse, les dispositifs permettant de partir plus tôt sont plébiscités, comme le rachat d’années d’études ou la retraite anticipée pour carrières longues, destinée aux personnes ayant commencé à travailler très jeunes. Résultat, « l’âge moyen de départ à la retraite a diminué entre 2003 et 2006, passant de 61,4 à 60,7 ans ».

L’« effet Balladur » rabote les pensions

La Cnav s’est aussi penchée sur les retombées de la réforme Balladur de 1993. Celle-ci avait allongé de 37,5 à 40 ans la durée de cotisation dans le privé, mais aussi modifié la fixation des pensions : elles sont désormais calculées sur les 25 meilleures années de salaire et non plus les 10 meilleures , ces salaires étant actualisés en fonction de l’inflation et non plus de l’évolution du salaire moyen. Ces nouveaux paramètres ont permis une économie de 10 % sur la masse des pensions. Mais l’étude confirme noir sur blanc ce que FO ou la CGC affirment depuis longtemps. « Six retraités sur dix » ayant cessé le travail entre 1994 et 2003 « reçoivent une pension moins importante que celle à laquelle ils auraient pu prétendre sans la réforme ». La baisse moyenne de pension est de 5 % pour les femmes, et 7 % pour les hommes.

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