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Laurent Checola | Le Monde.fr le 02.04.2007

Rhodia, premier bénéficiaire français des mécanismes de développement propre

lundi 2 avril 2007 par Laurent Checola

A 120 km au nord de Sao Paulo, dans la banlieue industrielle de Paulinia, une ville moyenne de 60 000 habitants, se trouve une usine pas comme les autres. Au cœur d’un immense et ancien complexe pétrochimique de près de 2 000 hectares, dans un dédale de citernes, de cuves et de rangées d’entrepôts, apparaît un petit bâtiment de 500 m2.

Erigé en 2005, il répond à des normes particulièrement drastiques, et neutralise les émissions nocives et résiduelles des productions de polyamides. De 2007 à 2013, cette installation va diminuer le rejet de plus de 40 millions de tonnes équivalent CO2 et réduire ainsi significativement les émissions du Brésil.

C’est la multinationale française spécialisée dans la chimie Rhodia qui a entièrement financé le dispositif de dépollution pour une dizaine de millions d’euros. "Dans les années 1990, Rhodia a de sa propre initiative mis en place un projet de réduction d’émissions de même niveau technologique que Paulinia sur son site de Chalampé, en Alsace. L’idée a été d’utiliser un savoir-faire dans un cadre volontaire, pour aller au-delà et mettre en œuvre des projets dans le cadre des Nations unies, pour obtenir des crédits carbone", explique Philippe Rosier, le directeur général de Rhodia Energy services.

Avec une autre usine en Corée du Sud, le chimiquier est le premier bénéficiaire français de crédits carbone. L’entreprise, qui dispose d’un pécule de 91 millions d’euros de crédits durant toute la période du protocole de Kyoto, devrait toucher 1,5 milliard d’euros, pour un investissement initial de 20 millions d’euros.

"15 EUROS LA TONNE" DE CO2

Déjà en mars 2006, Rhodia affirmait, dans un communiqué, avoir vendu à terme pour 2007 et 2008 6,5 millions de tonnes de CO2 à "15 euros la tonne", soit pour 97,5 millions d’euros. "Nous avons vendu 10 % de nos volumes à un prix d’environ 15 euros, plus exactement la majorité de ces volumes ont été vendus à ce prix. Nous n’avons pas communiqué sur le prix des 90 % restants, et pour cause, puisque peu de ces crédits ont été vendus jusqu’à présent", explique Philipppe Rosier. Le directeur de Rhodia Energy services peut toutefois demeurer optimiste sur l’avenir du marché, puisque les entreprises européennes, mais aussi japonaises et même d’Amérique du Nord, se mettent à acheter massivement des crédits carbone.

Pour accroître l’efficacité de ses investissements, le chimiquier s’est également associé à une banque française, la Société générale. Objectif : "Associer l’expérience de la Société générale en matière de trading et la réserve de crédits d’émission de Rhodia, de manière à optimiser la valeur de ces crédits".

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