Liste des auteurs

Un article de Paule Masson paru dans L’Humanité du 9 septembre 2005

Riposte syndicale unanime le 4 octobre

vendredi 9 septembre 2005 par Paule Masson
Les cinq confédérations ont confirmé hier l’organisation d’une journée de grève et de manifestations le 4 octobre prochain. L’UNSA, la FSU et Solidaires s’y joindront.

Ça y est. Cette fois-ci c’est officiel. Tous les syndicats appellent à manifester et à faire grève le mardi 4 octobre pour défendre le pouvoir d’achat et l’emploi. Comme le 10 mars dernier, qui sert un peu de pouls quant aux ambitions de participation, l’appel commun concerne « l’ensemble des salariés du public et du privé, des petites aux grandes entreprises, les demandeurs d’emploi et les retraités ». Les cinq confédérations, qui se sont réunies hier au siège de la CGT à Montreuil pour mettre la dernière touche à l’organisation de ce rendez-vous de riposte, ont surmonté sans peine leurs points de divergence. La CFDT s’est rangée à la proposition de manifester un jour de semaine. La CGT et FO, qui voulaient ajouter la défense des services publics, ont accepté que l’appel unitaire se focalise sur l’emploi et le pouvoir d’achat. « L’unité d’action prime aujourd’hui sur tout le reste », ont répété les dirigeants syndicaux, qui considèrent qu’il est aujourd’hui primordial de créer un rapport de forces susceptible de faire plier le gouvernement et le patronat. L’appel revendique l’ouverture de négociations à tous les niveaux pour le « développement de l’emploi, contre la précarité que vient renforcer le contrat nouvelles embauches » ; « l’amélioration du pouvoir d’achat et des salaires » ; la promotion des « droits collectifs et individuels des salariés ». La FSU, l’UNSA et l’Union syndicale Solidaires ont déjà annoncé se joindre à cette journée de riposte. Les syndicats affichent donc une belle unanimité. Et, à fait remarquer Maryse Dumas pour la CGT, « une mobilisation unitaire de rentrée, on n’en a pas connu depuis trente ans ! ».

C’est que l’heure est grave. Tout l’été, les portables ont fonctionné entre les syndicats. Alors que l’année 2005 a été marquée par trois journées de mobilisations unitaires, par un rejet retentissant de la mise au travail forcé des salariés le jour de la Pentecôte et par un vote massif du monde du travail contre l’Europe libérale le 29 mai dernier, le gouvernement Villepin répond contrat nouvelles embauches qui instaure dans les petites entreprises une période de deux ans pendant laquelle l’employeur peut se séparer d’un salarié sans même motiver sa décision. Pour les syndicats, qui ont tous déposé un recours au Conseil d’État, c’est inadmissible. « La précarité ne peut pas être une réponse à l’emploi », a répété hier Rémi Jouan pour la CFDT tandis que René Valladon pour FO faisait valoir que la barrière est franchie : « on ne peut pas accepter le CNE. »

Mais à situation d’urgence ne correspondent pas forcément des manifestations d’impatience. « Il existe aujourd’hui un grand pessimisme parmi les salariés. Nous devons travailler à leur redonner confiance dans le fait qu’ils peuvent changer la situation », a argumenté Maryse Dumas. Et « on sait bien qu’il ne suffit pas de claquer des doigts pour faire sortir beaucoup de monde », a ajouté René Valladon. D’où, un temps de préparation qui mène jusqu’au 4 octobre. Cette journée se situe, pour les syndicats dans le droit fil du 10 mars dernier, qui avait nettement fait monter la température des luttes sur les salaires dans les entreprises et contraint le gouvernement à de timides ouvertures sur le niveau des salaires dans les branches, dont les premiers niveaux restent très majoritairement en deçà du SMIC, et pour les fonctionnaires.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !