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Marie Jégo | Le Monde du 29.03.07

Rosneft continue de racheter des actifs de la défunte Ioukos

jeudi 29 mars 2007 par Marie Jégo
La major publique Rosneft a racheté 9,44 % de ses actions qui étaient détenues par Ioukos, l’ex-numéro un du pétrole russe contrainte à la liquidation judiciaire. C’était mardi 27 mars, au siège moscovite de Ioukos, au cours d’enchères qui n’ont duré que quelques minutes. Le lot - des titres Rosneft et des obligations de l’unité de production Iougansneftegaz - a été acquis pour 7,6 milliards de dollars (5,7 milliards d’euros), soit au plus bas de sa valeur (estimée entre 7,5 et 10 milliards de dollars).

Rosneft, publique à 75 % et dont le conseil d’administration est dirigé par un proche de Vladimir Poutine, veut s’imposer comme le nouveau géant du secteur.

La major vient d’obtenir de huit banques (ABN Amro, Barclays, BNP Paribas, Calyon, Citibank, Goldman Sachs, JP Morgan et Morgan Stanley) un prêt de 22 milliards de dollars, à des conditions avantageuses (de 0,25 % à 0,5 % sur douze à dix-huit mois). Il devrait lui permettre de racheter les derniers actifs de Ioukos, notamment des parts de Gazpromneft (la branche pétrolière du gazier Gazprom) ainsi que plusieurs raffineries en Russie, qui seront mis aux enchères entre mars et août 2007.

Rosneft a déjà profité du dépeçage de Ioukos en rachetant à bas prix, en 2004, sa principale filiale de production Iouganskneftegaz. Le groupe public a ainsi pu tripler sa production de brut et se hisser au deuxième rang de la production pétrolière russe.

Officiellement, la société russo-britannique TNK-BP (troisième producteur, détenu à 50-50 par BP et par le consortium russe Alfa Group) était aussi sur les rangs pour les enchères de mardi. Mais les analystes jugent que la présence de la major anglo-britannique avait surtout pour objet de valider la vente menacée de nullité faute d’acquéreurs concurrents.

Sa participation aux enchères a d’ailleurs été annoncée le jour où John Browne, le patron de BP, était reçu par M. Poutine à sa résidence de Novo-Ogarevo. Objet d’un redressement fiscal, menacée de perdre sa licence d’exploitation du gisement gazier de Kovykta en Sibérie, TNK-BP est encline au compromis.

A Kovykta, les autorités russes lui reprochent de ne pas remplir les quotas de production. TNK-BP ne peut sortir son gaz, faute d’accord avec Gazprom qui a le monopole des tubes. Et qui veut sa part dans l’exploitation du gisement. Un tribunal tranchera en mai. Insatiable, Gazprom cherche aussi, selon la presse russe, à racheter les 50 % de TNK-BP détenus par Alfa Group.

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