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SERGE PAYRAU , CELINE JAPAVAIRE | La Marseillaise le 4 août 2007

SCHELL REVISE SES PRORITES INDUSTRIELLES

samedi 1er septembre 2007 par SERGE PAYRAU, CELINE JAPAVAIRE

Pétrochimie : le site de Berre-l’Etang, qui emploie 1 550 personnes, va être vendu au groupe néerlandais Basell. Comme elle l’a annoncé jeudi, la société Shell a donc trouvé de nouveaux acquéreurs pour ses trois raffineries en France employant quelque 2 500 personnes. Le site le plus important, celui de Berre-l’Etang qui emploie à lui seul 1 550 personnes, sera repris par le groupe chimique néerlandais Basell.

Le géant pétrolier anglo-néerlandais cédera également ses deux autres raffineries françaises, de Petit-Couronne en Seine-Maritime et de Reischett Vendenheim dans le Bas-Rhin, à son concurrent suisse Petroplus. « Ce n’est pas parce que les raffineries ne sont pas rentables, précise Patrick Sciurca (CGT), un des responsables de l’intersyndicale CFE-CGC-CFDT-CFTC-CGT-FO. Shell a opté pour une nouvelle stratégie industrielle beaucoup plus axée sur l’exploration/production, et un peu moins sur la partie raffinerie. »

Cette décision trouve son origine en 2004-2005 lorsque la compagnie a rencontré un « problème spécifique ». « La société avait une façon de comptabiliser ses réserves de pétrole brut selon un calcul pas agréé par la Commission du Pétrole aux Etats-Unis. Avec la façon officielle, Shell n’avait pas 100% de réserves mais seulement 60 à 70% », rappelle Patrick Sciurca.

Une annonce qui a eu un impact important sur la bourse. L’action du géant pétrolier a ainsi énormément perdu, la société passant du même coup de la première à la troisième place mondiale. « L’objectif est maintenant d’assurer le retour à 100% des réserves le plus vite possible et de revenir numéro un mondial d’ici 2010 », poursuit-il.

Pour ce faire, la société doit soit continuer de creuser de nouveaux puits, soit racheter des parts de ceux qui existent déjà. « Tout ceci réclame un appel de fonds très important, indique le responsable de l’intersyndicale, d’où l’idée de réduire les activités là où il y a moins d’intérêt stratégique afin de récupérer du cash. Or, la France, où Total est bien implanté, n’est plus considérée comme un pays stratégique pour le raffinage. »

Pas de licenciements a priori à Berre-l’Etang

La compagnie pétrolière a ainsi annoncé le 11 janvier son intention de revoir son portefeuille d’activités. Désormais, les repreneurs doivent présenter leurs projets industriels au cours d’un comité d’entreprise qui doit se tenir en septembre. « L’inquiétude n’est pas tellement sur les sites où on a des effectifs restreints avec des seuils très bas. Les risques de restructurations concernent surtout les services administratifs qui se trouvent au siège de Shell près de Nanterre », précise-t-il.

Dans cette optique, l’intersyndicale aurait préféré que les trois raffineries soient vendues au même acquéreur qui aurait ainsi pu reprendre « une grande partie des salariés ». L’entité commune n’étant finalement pas conservée, les interrogations sont d’autant plus vives sur le devenir des quelque 600 employés du siège.

Sur ce dossier les syndicats sont regroupés en intersyndicale. « Depuis l’annonce du 11 janvier, on a déjà travaillé dans le cadre de cette vente. On a des axes de revendications appuyés par l’ensemble du personnel sur lesquels on ne cédera rien. On ne peut pas empêcher Shell de vendre, mais le groupe a tout intérêt à le faire à nos conditions sociales », conclut Patrick Sciurca.

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