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La Tribune.fr - 08/11/07

SNCF : la grève des 18 et 19 octobre a coûté environ 50 millions d’euros

jeudi 8 novembre 2007
La direction de la compagnie estime que pour deux jours de grève, les pertes se chiffrent à une cinquantaine de millions d’euros. Un chiffre supérieur aux attentes en raison de la décision de rembourser les voyageurs. Les pertes pourraient encore s’alourdir avec le prochain mouvement de grève prévu à partir du 13 novembre.

La grève des 18 et 19 octobre derniers a coûté cher à la SNCF. Selon des chiffres publiés ce jeudi, la compagnie nationale a perdu "une cinquantaine de millions d’euros". Des chiffres supérieurs aux estimations de la direction qui indiquait au moment du conflit qu’une journée de grève lui coûtait en moyenne 20 millions d’euros.

Dans le détail, les pertes de chiffre d’affaires se montent à 20 millions d’euros pour les grandes lignes, 10 millions pour les trains express régionaux (TER), 9 millions pour les Transilien (Ile-de-France) et 10 millions pour le fret.

Les quelques millions restants sont à mettre sur le compte des "dédommagements des clients". La compagnie de chemins de fer a en effet procédé pour la première fois à des remboursements aux voyageurs des trains régionaux et franciliens affectés par le mouvement social. Une décision aux conséquences lourdes quand on sait que la SNCF transporte 3 millions de passagers par jour alors que la grève a atteint un taux de mobilisation de près de 75%.

En comparaison, les cinq jours de grève à Air France ont coûté à la compagnie 60 millions d’euros de résultat opérationnel.

Et le plus dur reste peut-être à venir. La SNCF se prépare en effet à vivre un nouveau conflit social alors que sept fédérations de cheminots de la SNCF ont appelé à un nouveau mouvement de grève, illimitée et reconductible, à partir du mardi 13 au soir.

Ce jeudi, la direction a de nouveau tenté de dissuader les syndicats de mettre en place un mouvement de grève massif. La présidente de la SNCF, Anne-Marie Idrac, a ainsi envoyé une lettre aux 160.000 cheminots - une initiative rare - leur présentant des propositions "concrètes" sur la réforme des régimes spéciaux de retraite, et les prévenant du risque d’un "divorce avec les Français" en cas de grève.

Le but de cette lettre est de "réduire le nombre de grévistes" et "qu’ils voient l’intérêt relatif d’une grève non payée" par rapport à des négociations, a plaidé Anne-Marie Idrac. La direction met "14 points concrets sur la table", parmi lesquels le "déblocage de la grille salariale", "l’amélioration des conditions de travail sur les postes difficiles", le "développement du temps partiel choisi en fin de carrière", la création d’un complément de retraite et d’un compte épargne temps.

"Mon engagement est de prendre en compte les spécificités des métiers de cheminots et de les intégrer dans la réforme", promet-elle dans son courrier. Un mouvement reconductible serait une "aventure inconnue et dangereuse", "pénaliserait nos clients de manière incompréhensible pour eux" et "ruinerait tout ce que les cheminots ont pu faire pour notre activité Fret", ajoute-t-elle.

Cependant, la direction ne se fait pas d’illusion. Elle estime ainsi avoir "bon espoir" qu’au moins un syndicat rejoigne la table des négociations d’ici mardi soir.

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