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Un article paru sur. Liberation.fr le 13 octobre 2005

SNCM : la reprise du travail votée à une écrasante majorité

jeudi 13 octobre 2005
Après vingt-quatre jours de grève, le « oui à la reprise de l’activité pour éviter un dépôt de bilan » l’a emporté à 87% lors d’un vote à bulletins secrets

es marins de la SNCM sifflent la fin de la grève, mais pas celle du bras de fer. Jeudi, à Marseille, ils ont voté en Assemblée générale la reprise du travail à une écrasante majorité. Pour éviter le dépôt de bilan tout en poursuivant un dialogue serré avec le gouvernement. Les grévistes avaient deux options : « Oui à la reprise de l’activité pour éviter un dépôt de bilan ou non à la reprise de l’activité = dépôt de bilan », avait indiqué dans la matinée le secrétaire général des marins CGT de Marseille, Jean-Paul Israël, témoignant ainsi de la faible marge de manœuvre des marins mais aussi du revirement de son syndicat

Seuls les grévistes ont pris part au vote, a précisé un responsable CGT au conseil d’administration, Patrick Oheix. Et malgré la préférence des salariés pour un vote à main levée, c’est à bulletins secrets qu’a été prise la décision. Le STC-marins, deuxième force syndicale à la SNCM derrière la CGT et auteur du détournement du Pascal Paoli, a de son côté fait savoir que seuls deux de ses militants étaient présents à Marseille. Le syndicat, qui n’a pas adopté de position officielle sur la reprise du travail pour l’instant, devait tenir une AG dans la journée en Corse. D’autres syndicats minoritaires, FO, la CFE-CGC, la CFDT et les syndicats d’officiers ont déjà appelé lors des trois derniers jours à la reprise du travail face à l’urgence de la situation. Le PDG de la SNCM, Bruno Vergobbi, a estimé jeudi que la SNCM vit « l’heure la plus cruciale de ses 30 ans d’histoire ».

La reprise du travail pourrait offrir un répit à une compagnie au bord du dépôt de bilan. Un conseil d’administration de sa société holding, la Compagnie générale maritime et financière (CGMF), doit se tenir à Paris à 15 h 00 jeudi et selon une source proche du dossier, citée par l’AFP, il pourrait « statuer sur une éventuelle rallonge » financière de l’Etat à la SNCM, « en considérant qu’il y a un plan crédible de reprise ». Le montage du gouvernement prévoit que l’Etat restera présent à hauteur de 25% du capital dans la SNCM, les salariés obtenant 9%, le fonds d’investissement français Butler Capital Partners 38% et la société de transport Connex 28%.

« Je crois qu’il n’y a pas d’autre solution pour la SNCM que le plan de reprise proposé par le gouvernement, a déclaré le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy en visite jeudi à Ajaccio. Il faut que chacun reprenne le travail pour sauver cette compagnie et sauver les emplois ». Le projet de reprise prévoit 400 suppressions d’emploi sans licenciement sec. Elles se répartiront entre « des mesures d’âge (préretraites, ndlr), des départs volontaires et des reclassements chez Connex (l’opérateur industriel, ndlr) car il est le seul à avoir des activités dans la région ». La SNCM compte 2.400 salariés. Elle a accusé une perte nette de 29,7 millions en 2004.

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