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Article de Cécile Chambraud paru dans le Monde du 30 novembre 2006

Scottish Power dit oui à l’espagnol Iberdrola pour 17,2 milliards d’euros

jeudi 30 novembre 2006 par Cécile Chambraud

La réorganisation du marché européen de l’énergie a connu un nouvel épisode, mardi 28 novembre. Iberdrola, le deuxième électricien espagnol, a annoncé avoir conclu un accord pour l’achat de Scottish Power, la cinquième entreprise du secteur en Grande-Bretagne, pour un montant de 17,2 milliards d’euros.

Une fois "intégrés", les deux partenaires constitueraient le troisième groupe européen, derrière EDF et E.ON, avec une valeur d’entreprise de 63,8 milliards d’euros, un chiffre d’affaires de 20 milliards d’euros et une puissance installée de 36 000 mégawatts. Ils deviendraient aussi le leader mondial en énergies renouvelables, grâce aux éoliennes.

L’opération, recommandée par le conseil d’administration de Scottish Power, prévoit qu’Iberdrola déboursera, pour chaque action de Scottish Power, 400 pence (52 %) et 0,1646 nouvelle action d’Iberdrola pour un total de 777 pence, soit 16 % de plus par rapport au cours de la société écossaise.

Au terme de la transaction, les actionnaires de Scottish Power auront 21,4 % du nouvel ensemble. L’opération sera financée par un prêt de 11,7 milliards d’euros. Le groupe espagnol espère conclure l’affaire en avril, après avoir obtenu le feu vert de la Commission européenne mi-févier.

Cette offre publique d’achat (OPA) amicale intervient au moment où l’allemand E.ON se bat pour racheter Endesa, le premier électricien espagnol.

Les mouvements envisagés dans le secteur énergétique ibérique sont compliqués, depuis un an, par l’irruption des entreprises du bâtiment et des travaux publics (BTP). Après une décennie de croissance accélérée de l’économie espagnole, elles ont engrangé des bénéfices considérables.

LES PRÉCÉDENTS BAA, ABBEY ET O2

Alors que se profile un ralentissement de l’immobilier, elles entendent utiliser ces bénéfices pour diversifier leurs activités dans des secteurs moins cycliques et garantissant de forts revenus. L’électricité, avec ses perspectives de hausses tarifaires, et plus généralement l’énergie sont leurs cibles de prédilection.

C’est ainsi que, depuis septembre, Acciona, le quatrième constructeur espagnol, a acquis 20 % d’Endesa - ce qui ne favorise pas le projet d’E.ON - et Sacyr Vallehermoso - première entreprise du BTP en terme de capitalisation boursière - 10 % du groupe pétrolier Repsol.

Le premier à engager ce mouvement, il y a à peine plus d’un an, fut ACS, le numéro un du BTP espagnol, présidé par Florentino Perez. Celui-ci était entré au capital d’Union Fenosa, le troisième électricien espagnol, dont il a depuis acquis 35 %. L’ancien président du Real Madrid ne s’est pas arrêté là puisqu’il s’est rendu maître, cet automne, de 10 % d’Iberdrola, ce qui en fait son premier actionnaire.

Le patron d’ACS ne faisait pas mystère de sa volonté de fusionner les deux électriciens dont il est actionnaire. L’initiative prise par Ignacio Sanchez Galan, le président d’Iberdrola, ne ruine pas nécessairement son ambition. Elle a certes pour effet immédiat d’aider l’entreprise à se protéger contre des OPA hostiles. Mais elle n’empêche pas, a déclaré M. Galan, de réaliser des opérations de rapprochement en Espagne.

Le patron d’Iberdrola milite en faveur de la modification de la réglementation énergétique espagnole. Il estime qu’elle entrave les entreprises nationales désireuses de se rapprocher en leur imposant des obligations dissuasives pour préserver la concurrence. Or, en fusionnant avec Scottish Power, Iberdrola acquerra "une dimension communautaire", a-t-il fait valoir mardi. Ajoutant qu’il trouvait les règles européennes "beaucoup plus flexibles".

L’opération d’Iberdrola illustre aussi la puissance acquise à l’extérieur par les entreprises espagnoles. En Grande-Bretagne, c’est la quatrième acquisition importante depuis deux ans, après le rachat de la banque Abbey National par le Banco Santander Central Hispano en 2004, de l’opérateur de téléphonie mobile O2 par Telefonica en 2005 et du gestionnaire des principaux aéroports britanniques, BAA, par Ferrovial, cette année.

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