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un article de Pierre-Antoine Delhommais paru dans Le Monde du 8 décembre 2005

Selon le German Marshall Fund, Français et Italiens sont les plus hostiles à la mondialisation

jeudi 8 décembre 2005 par Pierre-Antoine Delhommais

A quelques jours de l’ouverture, à Hongkong, de la conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), une enquête publiée, mardi 6 décembre, par l’institut américain German Marshall Fund, prend le pouls des opinions publiques, aux Etats-Unis et dans cinq grands pays Europe, vis-à-vis de la libéralisation des échanges et de l’aide au développement.

Réalisé en septembre, ce sondage indique que 90 % des Italiens, 86 % des Français, 84 % des Allemands et des Polonais sont mécontents de l’évolution économique observée dans leur pays. Ce taux d’insatisfaits tombe à 63 % aux Etats-Unis et à 51 % au Royaume-Uni.

Il révèle aussi que les Britanniques sont, de loin, les plus chauds partisans de la libéralisation du commerce mondial. 90 % d’entre eux sont "optimistes" à son égard, contre seulement 79 % des Allemands, 77 % des Polonais et 74 % des Américains. Cette proportion tombe à 43 % en France et à 39 % en Italie. C’est aussi dans ces deux pays qu’on trouve le plus de gens pour juger que la mondialisation a des effets négatifs sur l’emploi.

Quelque 74 % des Français sont de cet avis ainsi que 65 % des Italiens. Les Allemands sont 59 % à le penser et les Américains 57 %, les Polonais 51 %. Les Britanniques se distinguent là encore : 49 % considèrent que l’ouverture des frontières est positive pour l’emploi au Royaume-Uni alors que 39 % estiment qu’elle est un facteur de chômage.

Pour 80 % des Européens et 82 % des Américains, les groupes multinationaux sont les principaux bénéficiaires de la libéralisation des échanges, tandis que 35 % des sondés seulement considèrent que les petites entreprises en profitent.

AIDER LES PAYS PAUVRES

Pour 83 % des personnes interrogées, la Chine et l’Inde sont considérées comme les autres grands gagnants de la mondialisation, et 46 % d’entre elles pensent qu’elles en tireront un gain personnel. Seuls 52 % des sondés estiment que l’Afrique en tirera profit.

En matière de solidarité, une immense majorité de personnes interrogées approuvent le principe d’aide au développement des pays pauvres, les plus solidaires étant les Italiens (96 %). "Il est remarquable de noter que, lorsqu’il s’agit d’aider les pays pauvres et démocratiques, le soutien en faveur d’une aide au développement ou d’une promotion des échanges atteint 80 %, note Craig Kennedy, président du German Marshall Fund. Mais, lorsqu’il s’agit d’aider des pays non démocratiques, le soutien chute de près de moitié."

Plus surprenant : 72 % des sondés considèrent que la promotion du commerce international est un moyen plus efficace pour lutter contre la pauvreté que l’aide publique. Les Européens sont nettement plus nombreux (84 %) que les Américains (59 %) à soutenir l’idée de consacrer au moins 0,7 % de leur produit intérieur brut (PIB) à l’aide au développement des pays pauvres.

L’enquête effectuée par l’institut américain prouve enfin que la mobilisation politique et médiatique en faveur de l’Afrique ne passe guère dans les opinions publiques : 56 % des Américains et des Européens interrogés ne pensent pas que les pays africains devraient bénéficier d’aides plus élevées pour leur développement que les autres pays pauvres. Les Allemands se montrent les plus hostiles à l’idée de privilégier l’Afrique (68 %). Seuls les Polonais (55 %) jugent que l’aide à l’Afrique devrait être prioritaire.

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