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Laurent LANGLARD porte parole de la FNME CGT

Sous-traitance et santé dans le nucléaire

lundi 11 avril 2011 par Laurent LANGLARD

A la lumière des récents événements au Japon, en France dans l’industrie du nucléaire, les activités de maintenance et la situation des salariés de la sous-traitance qui les réalisent sont mises en exergue. Il n’aura échappé à personne que ce sont des activités, souvent les plus exposées aux risques professionnels de cette industrie, que le CEA, EDF, AREVA,… ont choisi de sous-traiter.

De tous les risques auxquels les salariés peuvent être exposé, le rayonnement ionisant en est un particulier à l’industrie du nucléaire de part son caractère « invisible », il peut échapper à la vigilance des salariés même si il ne peut échapper aux détecteurs. Si de prime abord le « passeport dosimétrique individuel » voulu par l’Europe pourrait apparaitre comme une solution de traçabilité pour les prestataires, en réalité il constituera pour le patronat un véritable permis de travail. Ou comment la somme de doses de rayonnement décidera de l’employabilité d’un salarié, en cas de dépassement : le licenciement, avec la tentation du salarié pour y échapper de ne pas porter son « enregistreur » de rayonnements ! C’est pour cela que la CGT y est opposée et qu’elle exige la sécurité d’emploi, notamment pour tous les salariés du nucléaire.

La santé des salariés doit être une priorité absolue, la FNME CGT demande d’abaisser la dose annuelle admissible de tous les salariés du nucléaire à 10 milli sieverts au lieu des 20 milli sieverts actuels. Encore faut ‘il contrôler les doses reçues et leurs effets à court, moyen et long terme sur la santé des salariés, par le biais d’une étude épidémiologique sérieuse. Pour cette raison la CGT dénonce avec fermeté la disparition dans le décret paru le 30 mars 2011 de l’exposition aux rayonnements ionisants des salariés du nucléaire (initialement prévue) comme facteur de pénibilité. Par ailleurs se pose aussi la question des conditions de vie et de travail de ces salariés soumis pour beaucoup au « nomadisme » des grands déplacements, pour assurer les arrêts liés à la maintenance des installations nucléaires à travers tout le pays. Lors des changements de marchés, les salariés prestataires du nucléaires ont le sentiment de n’etre « que de la poussière d’ouvriers voguant au gré du souffle patronal » allant d’un site à l’autre, ou changeant d’entreprise régulièrement. Cette précarité pose le problème de la traçabilité médicale de leur situation individuelle qui trop souvent « s’égare », et du suivit des prestataires alors même que pour les personnels d’AREVA, du CEA et d’EDF, le service médical d’entreprise assure cela avec rigueur.

Comment imaginer qu’un médecin du travail ayant en charge le suivi des caissières de supermarché et très compétent sur les risque ostéo-articulaires pourra appréhender la situation d’un tuyauteur dont la particularité n’est pas nécessairement les postures particulières mais bien de travailler dans un bâtiment réacteur de centrale nucléaire ou dans un atelier de traitement du combustible ?

Il est temps d’imposer aux donneurs d’ordres, EDF, AREVA, l’obligation d’assurer le suivi médical de l’ensemble des salariés travaillant sur leurs sites, prestataires compris. Pour la FNME CGT la sécurité de l’emploi et les garanties collectives de tous les salariés du nucléaire sont des facteurs incontournables à la santé des salariés et à la stabilité de cette industrie.

Laurent LANGLARD

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