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Un article de Christophe Deroubaix paru dans l’Humanité du 10 octobre 2005

Statu quo à la SNCM

lundi 10 octobre 2005 par Christophe Deroubaix

Alors que le conflit de la SNCM entre aujourd’hui dans sa troisième semaine, un important conseil d’administration de la compagnie maritime publique se tient ce matin. Il y sera notamment question des problèmes de trésorerie auxquels doit faire face l’entreprise, mais l’ordre du jour annoncé ne comporte aucun point concernant un éventuel dépôt de bilan. Même si le gouvernement agite la menace depuis plusieurs jours, il semble peu probable que le PDG de la SNCM, Bruno Vergobbi, annonce un dépôt de bilan. Mandaté par l’État, il pourrait lancer la mise en place effective du plan de privatisation. Plus sûrement, il devrait demander au conseil d’administration un mandat pour engager une procédure de dépôt de bilan, mais pas avant la fin de la semaine. « Si rien n’évolue d’ici à lundi, alors le dépôt de bilan se fera dans les jours qui suivent », a d’ailleurs annoncé Bruno Vergobbi dans un entretien accordé, samedi, au quotidien régional la Provence. Il a estimé les pertes quotidiennes de l’entreprise à 1,5 million d’euros.

détenue à 100 % par l’État

« Un dépôt de bilan, c’est plus facile à dire qu’à faire », souligne un responsable de la CGT. Autrement dit : juridiquement possible, politiquement risqué. La SNCM est certes une société commerciale - comme ne cesse de le rappeler Thierry Breton -, mais elle est bel et bien détenue à 100 % par l’État. Un dépôt de bilan pourrait donc être interprété comme une faillite de ce même État. Dans un tel scénario, il faudrait également que le gouvernement explique comment il n’a pas réussi, ou simplement tenté de convaincre les banques d’accorder quelques jours de répit à une entreprise qui emploie 2 400 personnes. Périlleux au moment où Dominique de Villepin place le mot « social » dans chacune de ses phrases.

Après le CA de lundi, c’est le CE mardi. Même si le secrétaire CGT du comité d’entreprise de la SNCM, Bernard Marty, a refusé, vendredi, de signer l’ordre du jour, la direction de l’entreprise a convoqué, de son plein droit, une réunion. Les élus CGT ont annoncé leur présence. Les deux réunions successives prouvent que le gouvernement a décidé de jouer la suite de la « partie » en interne. Depuis l’infructueuse réunion de jeudi dernier entre ministres et syndicats, la CGT demande l’organisation d’une nouvelle rencontre. Sans succès à ce jour. Pour le gouvernement, sa dernière proposition (38 % Butler, 28 % Connex, 25 % État et 9 % salariés) est non modifiable, non négociable. Quant à la CGT, elle peaufine un projet alternatif qui devrait être rendu public dans les prochaines heures. Pendant ce temps-là, les deux repreneurs désignés par Matignon, Butler Capital Partners et la Connex, campent en préfecture. Vendredi, ils ont souhaité rencontrer les organisations syndicales. CGT, CFDT, FO et CGC ont refusé. Seuls les syndicats d’officiers, minoritaires dans l’entreprise, ont rencontré les deux représentants afin « de prendre connaissance du projet industriel », sans que cela « ne présume des prises de position de - leurs - mandants ». À la SNCM, si ce n’est pas encore l’impasse, c’est toujours le statu quo.

En revanche, le conflit du Port autonome de Marseille (PAM) a pris fin ce week-end après douze jours de grève. Deux des trois assemblées générales des personnels du port (agents de Marseille et personnelles du terminal à conteneurs de Fos) se sont prononcées pour la reprise du travail ce lundi. Les agents du terminal pétrolier de Lavera ont décidé de poursuivre leur action dimanche.

Pour « une prime de reprise de 300 euros »

Selon la CGT portuaire, les agents de Lavera veulent obtenir « une prime de reprise de 300 euros promise par le directeur général du port ». Sur le fond du dossier, la CGT, qui a rencontré la direction du PAM à la préfecture de région samedi après-midi à Marseille, a relevé des « avancées » dans le dossier de la privatisation. L’organisation syndicale a obtenu des « ouvertures » dans le dossier du rachat par Sea Invest d’engins de levage. « Les personnels portuaires garderaient la conduite et la maintenance [des grues] », a précisé Pascal Galeote, secrétaire général adjoint syndicat CGT du PAM. En ce qui concerne « les terminaux à investissements multiples » notamment le futur grand terminal à conteneurs, baptisé Fos 2XL, concédé aux opérateurs privés MSC et CMA-CGM, et le terminal GDF2, la CGT estime avoir eu la garantie que des rencontres se tiendraient pour parler du volet social, et notamment évoquer la présence de personnel du port autonome. Enfin, des avancées ont également été obtenues dans le dossier de la cession au privé des bassins de réparation navale.

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