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Article de Frédéric de Monicault paru dans Le Figaro du 12 juillet 2006

Suez-Gaz de France : le calendrier se précise

mercredi 12 juillet 2006 par Frédéric de Monicault
L’examen du projet de loi sur l’énergie, préalable à la fusion entre Suez et Gaz de France, démarrera le 7 septembre.

LE CALENDRIER parlementaire relatif au projet de rapprochement entre Suez et Gaz de France se précise. Hier, Jean-Louis Debré, le président de l’Assemblée nationale, a fait savoir que l’examen du projet de loi sur l’énergie débuterait le jeudi 7 septembre au matin. Il se poursuivra le lendemain, ainsi que toute la semaine suivante. « J’ai été informé par les représentants des groupes (NDLR : parlementaires) de la probabilité de dépôt d’un grand nombres d’amendements », a souligné Jean-Louis Debré. D’ores et déjà, Jean-Marc Ayrault, le président du groupe socialiste à l’Assemblée, a prévenu que l’opposition est prête à déposer jusqu’à « 50 000 amendements » pour contrecarrer le projet gouvernemental.

Ce projet de loi sur l’énergie n’est pas axé explicitement sur la fusion entre les deux groupes industriels. En revanche, il ouvre la voie à la privatisation de Gaz de France, étape indispensable pour que l’entreprise puisse se rapprocher de Suez. « Ce scénario fait beaucoup de sens sur le plan industriel. Il participe même de la défense du consommateur, à l’heure où la flambée des prix de l’énergie impose de réussir à sécuriser ses approvisionnements », souligne Patrick Ollier, le président de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale.

Ladite commission, pendant tout le mois de juillet, va poursuivre ses auditions de l’ensemble des protagonistes du dossier. Ainsi, mercredi prochain, le 19 juillet, Jean-François Cirelli et Gérard Mestrallet, respectivement président de Gaz de France et président de Suez, seront présents à l’Assemblée pour répondre individuellement aux questions des députés.

Chérèque contre la privatisationEn attendant, parmi les partisans de la fusion, l’un d’eux vient d’amorcer un revirement notable. François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT, dans un entretien à La Tribune, défend maintenant l’hypothèse de participations croisées. Mi-juin, le leader syndical avait estimé que le gouvernement « prenait un risque » s’il reportait la fusion, alors que la privatisation de Gaz de France était encore jugée possible avant l’été. François Chérèque mettait alors en avant le danger d’un « démantèlement » de Suez en cas de rachat par l’italien Enel. « Sur le fond, il n’a pas changé d’avis, mais les positions au sein de la CFDT l’obligent forcément à nuancer sa position », commente un observateur.

En marge du dossier Suez-Gaz de France, ou plutôt dans sa mouvance, un autre front de l’énergie en Europe vient tout juste de s’ouvrir. En Italie cette fois, où l’autorité de la concurrence Antitrust conteste la prise de contrôle conjointe du groupe d’électricité Edison par EDF et la société milanaise AEM. Une opération qui, selon l’Antitrust, contreviendrait aux règles sur l’actionnariat des centrales électriques rachetées à Enel à 2000.

Faut-il rappeler que l’annonce par Dominique de Villepin, fin février, de la fusion entre Suez et Gaz de France était intervenue dans un contexte de menace d’une OPA hostile d’Enel, le numéro un transalpin de l’électricité, sur Suez ? Depuis, Rome n’a toujours pas digéré que les deux groupes français cherchent à faire affaire sur le dos de son champion.

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