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La Tribune.fr - 04/05/07

Suez réclame une autre parité si le projet de fusion avec GDF est relancé

vendredi 4 mai 2007

Le groupe Suez a annoncé ce vendredi en début d’après-midi ses résultats pour le premier trimestre. Des chiffres qui font apparaître une hausse de 21,3% du bénéfice opérationnel courant à 1,5 milliard d’euros sur un an. Une performance qui permet au groupe, qui attend toujours le feu vert pour sa fusion avec Gaz de France, de confirmer ses objectifs pour l’ensemble de l’année.

Selon le groupe d’énergie et d’environnement, cette progression du résultat opérationnel "reflète l’amélioration de la rentabilité dans l’électricité, le gaz naturel liquéfié en Amérique du Nord, les métiers de services à l’énergie et la propreté en Europe".

Sur les trois premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires de Suez affiche une croissance de 3,4% (et de 3,7% en organique) pour s’établir à 12,2 milliards d’euros, en raison de la "hausse des ventes d’électricité en Europe et à l’international".

Parmi les grands secteurs d’activité de Suez, la branche Energie Europe voit son activité croître de 6% (+0,7% en organique) à 5,013 milliards d’euros. Dans le gaz, c’est en revanche un recul de 7% des volumes qui affecte la filiale Electrabel, tandis que Distrigaz enregistre une "importante décroissance organique" de 20,7%.

Pour Suez énergie services, le chiffre d’affaires a augmenté de 2,1% (+3,5% en organique) pour s’établir à 2,837 milliards d’euros, tandis que pour Suez environnement, la progression est de 2,6% (+5,5% en organique) à 2,767 milliards d’euros. Enfin, Suez énergie international recule de 0,8% mais progresse de 10,9% en organique.

Dans la foulée, le groupe confirme donc "ses objectifs de croissance du résultat brut d’exploitation" supérieur à 10% et du résultat opérationnel courant supérieur à 15% pour 2007.

Reste que pour Suez, le dossier crucial de cette année demeure celui de son projet de fusion avec Gaz de France. Une affaire qui est bloquée depuis plusieurs mois, dans l’attente d’un feu vert gouvernemental à la privatisation de GDF et au rapprochement entre les deux groupes.

Intervenant sur ce thème aujourd’hui à l’occasion de l’assemblée générale de Suez, son PDG Gérard Mestrallet a ainsi rappelé que l’Etat actionnaire doit maintenant faire connaître sa position sur la fusion avec Gaz de France, ce groupe étant public à environ 80%.

"Nous sommes déterminés à mener ce projet à son terme. Il appartient maintenant à l’Etat français en tant qu’actionnaire majoritaire de Gaz de France de faire connaître sa position sur ce rapprochement dont la logique industrielle est forte de sens", a-t-il souligné. Suez considère qu’une stratégie de développement en solitaire reste valable, mais que le rapprochement avec GDF demeure de loin la meilleure solution.

Il a cependant réclamé de nouvelles conditions, le projet initial prévoyant une fusion par échange d’actions sur la base d’une pour une après versement d’un dividende exceptionnel d’un euro par action Suez. "Il est clair que si le gouvernement décidait de remettre en chantier la fusion, bien entendu notre exigence serait une nouvelle parité équitable", a souligné Gérard Mestrallet en rappelant que l’écart entre les cours des deux entreprises était d’un euro à deux euros fin 2005 et début 2006 et qu’il était aujourd’hui de 8 euros environ.

Gérard Mestrallet, a tout de même assuré à ses actionnaires qu’il ne manquait pas de projets si la fusion avec Gaz de France n’aboutissait pas. Mais il a déclaré qu’il ne comptait pas remplacer ce projet par une fusion avec Total comme la rumeur a couru récemment. "Ce n’est pas dans nos projets", a-t-il dit. "Ca ne nous intéresse pas en tant que tel". "Total n’est pas intéressé par une fusion avec Suez et Suez n’est pas intéressé par une fusion avec Total. Nous ne sommes pas dans les mêmes métiers", a-t-il martelé.

Pour la suite du processus de fusion entre Suez et Gaz de France, tout va dépendre bien sûr du résultat des élections de dimanche et de la mise en place du futur gouvernement. Quel que soit le vainqueur de la présidentielle, il faudra sans doute un certain temps pour que la clarification se fasse. Ni Ségolène Royal ni Nicolas Sarkozy ne se sont en effet prononcés clairement en faveur de la fusion - sans non plus évoquer un abandon pur et simple du projet. Le candidat de l’UMP a agité des idées de solutions alternatives (rapprochement de Gaz de France avec le groupe algérien Sonatrach), tandis que la candidate socialiste a évoqué une remise à plat du dossier.

Gérard Mestrallet, a d’ailleurs déclaré ce vendredi que les relations entre Suez et la Sonatrach pouvaient aussi s’intensifier, notamment en matière d’approvisionnement. Mais il a dit douter que l’Algérie accepte des opérations structurelles.

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