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Jean-Michel Bezat | Le Monde du 04.07.07.

Suez versera 240 millions d’euros d’actions gratuites à tous ses salariés

mercredi 4 juillet 2007 par Jean-Michel Bezat
Les dirigeants et les syndicats européens de Suez, y compris la CGT, ont signé mardi 3 juillet, à Paris, trois accords "de portée mondiale" sur la distribution d’actions gratuites, la gestion prévisionnelle des emplois et la promotion de la diversité. Discutés au sein de l’instance européenne de dialogue créée dès 1995 par le PDG du groupe d’énergie et d’environnement, Gérard Mestrallet, ils concernent ses 140 000 salariés.

Les résultats de Suez n’ont cessé de s’améliorer pour atteindre 3,6 milliards d’euros en 2006. Avec l’accord des actionnaires, M. Mestrallet a proposé de verser aux salariés, sous forme d’actions gratuites, au moins 240 millions d’euros sur trois ans "pour les associer aux performances de Suez", qui s’ajouteront à l’intéressement. En 2007, ils recevront environ 2 millions d’actions (14 titres par salarié), cessibles au bout de quatre ans. "Qu’ils soient ouvrier à ChonQuing ou trader à Houston", précise M. Mestrallet.

Le conseil d’administration de Gaz de France (GDF) avait décidé, fin juin, un plan d’attribution de 30 actions gratuites à chaque salarié quels que soient sa nationalité et son niveau hiérarchique. Cette première ouvre des "droits" qui déboucheront, en juin 2009, sur l’attribution d’actions. Le PDG du groupe, Jean-François Cirelli, entend ainsi développer l’actionnariat salarié, les agents détenant déjà 2,3 % du capital. Seules la CFDT et la CFTC ont ratifié cet accord, refusé par la CGT, qui reste fondamentalement hostile à l’actionnariat salarié.

Mais l’accord de Suez va plus loin puisqu’il porte aussi sur l’emploi, les compétences et la diversité. Le groupe recrutera 110 000 personnes (52 000 en France) dans les cinq ans à venir, "soit la création nette de 20 000 à 25 000 emplois", précise Muriel Morin, directrice des relations sociales. Depuis la Charte sociale internationale signée en 1997, le groupe se veut "précurseur" en la matière. "Les accords d’aujourd’hui ne tombent pas du ciel. Depuis 1997, on a décliné ce texte fondateur sur plusieurs points, explique Mme Morin : diversité dans le recrutement, formation tout au long de la vie, anticipation des métiers de demain...

"Si la transformation d’une compagnie financière en groupe industriel s’est faite sans conflits sociaux entre 1995 et 2007, c’est bien grâce à ce dialogue social permanent et exigeant, souligne M. Mestrallet, qui rappelle le triptyque de sa gestion : l’investissement (25 milliards d’euros sur cinq ans hors acquisitions majeures), l’emploi (110 000 embauches) et le partage (distribution d’actions).

Est-ce susceptible de rassurer les 50 000 salariés de GDF, qui pourraient se retrouver au sein d’un groupe commun si la fusion avec Suez aboutit ? "Ce peut être un message, répond M. Mestrallet. Le dialogue social chez Suez est l’un des plus riches de toutes les entreprises européennes." Bernard Larribaud, secrétaire (CFDT) de l’instance européenne de dialogue y voit "une avancée sociale" sur la prime aux résultats et la gestion prévisionnelle des emplois. Pour José Boulanger, responsable syndical d’Electrabel, "on a fait un travail en profondeur sur la gestion prévisionnelle des emplois". "En cas de Trafalgar sur une entreprise du groupe, dit-il, on sera mieux préparé."

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