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Cyrille Lachèvre | Le figaro le 26.11.2007

Thibault réclame « du sonnant et du trébuchant »

lundi 26 novembre 2007 par Cyrille Lachèvre
Invité du « Grand Jury » RTL-Le Figaro-LCI, le secrétaire général de la CGT a rappelé que le mouvement était « suspendu » dans l’attente des négociations qui s’engagent.

La grève à peine terminée, les négociations salariales commencent dans les entreprises publiques pour assurer les modalités de compensation du passage à quarante ans de la durée de cotisation pour les régimes spéciaux de retraite. Des entreprises placées « sous surveillance » par la CGT.

Invité hier soir du « Grand Jury » RTL-Le Figaro-LCI, Bernard Thibault a insisté : « La grève est suspendue, elle n’est pas terminée, tout peut reprendre si les négociations n’avancent pas concrètement. » Mais le secrétaire général de la confédération s’est démarqué de la CFDT et de SUD-rail qui ont déposé des préavis de grève autour du 18 et 20 décembre, pour maintenir la pression lors de ces négociations. Une grève avant Noël « n’est pas dans notre état d’esprit, nous ne saisirons pas cette période par principe pour déclencher un mouvement », explique Bernard Thibault.

S’agissant des discussions spécifiques au sein de la SNCF, la CGT souhaite aborder tous les sujets. « Nous n’avons pas changé d’avis sur les quarante ans de cotisation et comptons bien défendre notre point de vue. » Tout dépendra de ce que l’on proposera en échange : « Il ne suffit pas de dire que l’on repousse la durée de cotisation quand on ne précise pas quelles périodes servent de référence pour faire valoir ses droits à la retraite. »

Pressé de désigner les vainqueurs et les perdants du bras de fer qui vient de s’achever, Bernard Thibault a épargné Nicolas Sarkozy, qu’il a eu « plusieurs fois au téléphone ». Pour mieux charger François Fillon : « On aurait pu éviter le scénario d’une grève, mais quand début septembre le premier ministre nous dit que la réforme est prête à être appliquée par décret alors qu’on n’en avait pas discuté, il a pris un risque. » Et d’ironiser sur les commentaires du premier ministre selon lesquels le gouvernement n’aurait quasiment commis aucune faute dans la gestion de cette crise, « on croirait entendre un commentaire d’un acteur qui n’a pas été plongé directement dans le sujet », lâche le leader de la CGT.

« Une impatience récurrente »

Mais, comme si la bataille pour la défense des régimes spéciaux était déjà terminée, Bernard Thibault est apparu soucieux de conforter l’unité de son mouvement. Assurant qu’« il n’y a eu aucun problème de stratégie » entre lui et Didier Le Reste, le secrétaire général de la CGT-cheminots, Bernard Thibault veut se positionner pour le grand rendez-vous de 2008 où la question d’un allongement de la durée de cotisation de quarante à quarante et un ans pour tout le monde sera abordée. « Nous sommes opposés à cette mécanique infernale qui voudrait nous faire accepter qu’il y a qu’une seule voie possible pour l’équilibre des régimes de retraite, à savoir l’allongement inéluctable de l’âge du travail », a-t-il clamé.

À l’abord d’une semaine où le pouvoir d’achat occupera le devant de la scène, Bernard Thibault, notant une « impatience récurrente » des Français et dénonçant une « smicardisation » de la société, demande « du sonnant et du trébuchant ». A savoir « une revalorisation du smic ». Quitte à solliciter les entreprises : « Il faut que l’État cesse de distribuer aveuglément des exonérations aux entreprises sans privilégier celles qui favorisent l’emploi durable, ou la lutte contre le temps partiel. »

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