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Article de Haydée SABERAN paru dans Libération le 18 novembre 2006

Thomé-Génot : la région plombe les négos

samedi 18 novembre 2006 par Haydée SABERAN

« M arre d’être sur la route, on voudrait que ça s’arrête. » Vendredi après-midi, une centaine d’ouvriers de Thomé-Génot en liquidation judiciaire à Nouzonville (Ardennes) étaient encore « sur la route ». Ils ont fait, une fois de plus, le siège de la préfecture à Charleville-Mézières et empêché les fonctionnaires de rentrer après le déjeuner. « On exige que les négociations reprennent, expliquait François Durbecq, délégué CFDT, joint par téléphone, mais la négociatrice s’est sauvée à Paris avant la fin. » Si la négociatrice du ministère de l’Emploi, Denise Bernollin-Blois, qui avait rencontré les syndicalistes toute la semaine, est bien retournée à Paris, c’est à cause du « coup de théâtre » de jeudi : le conseil régional (socialiste) a décidé d’offrir à chacun des 300 salariés liquidés 10 000 euros sans aucune contrepartie.

L’Etat proposait, lui, de financer, à hauteur de 59 000 euros maximum, le contrat de transition professionnelle (CTP) : maintien du salaire pendant un an, aides à la formation et à la création d’entreprise. Et si les salariés acceptent ce CTP, le département s’engage à ajouter 10 000 euros. Quelque 5 000 euros entraient également dans la négociation si le licencié retrouvait du travail. Or, la date butoir pour accepter le CTP, c’est lundi. « Nous avons tous prévu d’accepter le CTP, rassure le délégué CFDT, mais on demande que ce soit négocié. »

Qu’est-ce qui chiffonne tant l’Etat ? La fameuse offre de la région. « Nous nous opposons à un chèque-valise aux salariés », rétorque-t-on chez Gérard Larcher, ministre de l’Emploi. Pourquoi ? « D’abord parce que ça coûte cher et que c’est l’argent du contribuable. » Ensuite, estime un porte-parole, « ça crée un précédent ». « Il y a 200 000 salariés licenciés par an, dont 40 % par liquidation judiciaire. Pourquoi n’auraient-ils pas la même chose ? » Au ministère, on estime qu’il y a « plein d’exemples de gens à qui on a donné beaucoup d’argent pour acheter la paix sociale et qui se sont retrouvés un an après au RMI ». Le ministère préfère utiliser « l’argent public » dans la formation et l’aide à la mobilité, mais reconnaît : « Le contexte est difficile, 13 % de chômage, beaucoup d’entreprises qui ferment. Ça rend les gens désespérés. »

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