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Article de Bertille Bayart Publié dans Le Figaro le 20 novembre 2006

Tous les records de fusions et acquisitions seront battus en 2006

lundi 20 novembre 2006 par Bertille Bayart
Le volume de l’année 2000, alimenté par la bulle Internet, est déjà surpassé par les opérations annoncées cette année.

GAZ DE FRANCE-Suez, Arcelor-Mittal, Alcatel-Lucent... Il y a plusieurs mois déjà que l’on sait que la France est gagnée par la fièvre des fusions. Elle n’est pas isolée : le mouvement est général. En lançant, jeudi dernier, une offre de quelque 19 milliards de dollars sur le groupe de radio américain Clear Channel, les deux fonds d’investissement Thomas H. Lee et Bain Capital ont fait tomber un record historique : celui du montant des opérations de fusions et acquisitions annoncées. La palme revenait jusqu’ici à l’année 2000, celle « de la bulle ». D’ores et déjà, on sait que 2006 aura été une année encore plus active, avec un volume de transactions qui s’établit déjà à 3 370 milliards de dollars (selon les données Dealogic).

Le foisonnement d’OPA et autres fusions qui ont eu lieu depuis le 1er janvier est d’autant plus remarquable que, contrairement à l’année 2000, il est beaucoup plus réparti. Il y a six ans, le secteur des télécommunications et des technologies, tiré par la fièvre irrationnelle régnant sur les perspectives d’Internet, faussait la donne. Ainsi, à l’époque, les deux plus grosses transactions étaient la fusion d’AOL et Time Warner (180 milliards de dollars) et l’OPA lancée en 1999 de Vodafone sur Mannesmann pour un montant similaire. Ces records-là ne sont pas près de tomber. La plus grosse opération de 2006, dans les télécoms aussi d’ailleurs (Bellsouth/AT & T), ne pointe « qu’à » 83 milliards de dollars.

La structure du marché est donc très différente d’un record à l’autre. Aujourd’hui, tous les secteurs sont concernés par la mode des concentrations : les « techno » comme en 2000, les financières, l’énergie mais aussi la « vieille économie » industrielle, comme l’ont prouvé les grandes batailles de l’acier (Arcelor au printemps, Corus aujourd’hui,...).

Les fonds sont à l’oeuvre

Géographiquement, c’est au-jourd’hui l’Europe qui fait le plus l’actualité, les opérations aux Etats-Unis n’ayant pas encore égalé les niveaux du début de millénaire. Le Vieux Continent représente, en 2006, 40 % du marché mondial des « M & A ». Enfin, la tendance est puissamment alimentée par les fonds de capital-investissement, à l’initiative de 17 % du volume global de transactions, contre seulement 4 % il y a six ans.

La frénésie de fusions qui agite les entreprises à travers le monde répond à plusieurs facteurs : les marchés boursiers sont porteurs (le Dow jones a renoué lui aussi avec ses niveaux de 2000), les crédits sont facilités par la bonne santé des banques sur fond de taux encore bas, et la concurrence croissante en provenance des pays émergents et les mouvements de libéralisation en Europe incitent à la concentration.

Autre caractéristique : les opérations sont d’une complexité et d’une durée croissantes. C’est ainsi qu’en France Suez et Gaz de France ne boucleront au mieux qu’à la toute fin de l’année leur fusion annoncée en février. Pis, en Espagne : les hostilités pour le contrôle du géant Endesa ne font que commencer en Bourse alors qu’elles se sont ouvertes il y a plus d’un an.

Enfin, pour la plupart de ces transactions, touchant à des secteurs souvent sensibles, à commencer par l’énergie, le rôle des autorités publiques (à titre législatif ou réglementaire) nationales ou communautaires a pris une dimension nouvelle. Dans les opérations Suez-Gaz de France, Gas Natural-E.On-Endesa, Mittal-Arcelor, ou encore Autostrade-Abertis, les États ont été des acteurs à part entière.

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