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Article de Alain Cwiklinski paru dans L’Humanité du 9 novembre 2006

Un épilogue heureux pour les salariés de Malora

jeudi 9 novembre 2006 par Alain Cwiklinski
Industrie . Après trois mois d’occupation de leur entreprise de menuiserie industrielle, près de Nancy, les salariés vont la voir redémarrer.

Après 135 jours d’occupation de son usine à Saulxures-lès-Nancy, Odile Cassiani, l’emblématique représentante CGT des 48 salariés de Malora, a remis officiellement mardi dernier les clés à Sylvain Cuny, le nouveau propriétaire. Un épilogue heureux du mauvais film Malora. Le premier janvier prochain, dégauchisseuses et raboteuses de cette menuiserie industrielle vrombiront à nouveau avec, malheureusement, un peu moins de la moitié des effectifs : « Fin juin la boutique était fermée définitivement et aujourd’hui, sans notre combat, des bulldozers l’auraient rayée de la commune. Nous faisons confiance au repreneur qui s’est engagé à tout faire pour, que dans les trois années à venir, Malora retrouve ses effectifs d’avant la décision de liquider », souligne Odile Cassiani.

En signant au siège de la CGT de Nancy le protocole de fin de conflit, Sylvain Cuny, le nouveau PDG, reconnaît « qu’il vient d’acquérir un bel outil de production » et souligne « qu’avec des salariés aussi déterminés à voir repartir leur entreprise, il n’y a aucune raison pour que Malora ne retrouve pas rapidement sa notoriété ». Ce patron n’hésite pas, par ailleurs, à signer un chèque de 16 000 euros aux salariés en lutte pour avoir gardé pendant trois mois une usine prête à redémarrer. Une reconnaissance attendue par les salariés. Bien avant la décision du tribunal de commerce de Nancy de liquider l’entreprise, ils ont tenté de démontrer auprès de tous les acteurs économiques et institutionnels qu’ils étaient victimes d’une faillite frauduleuse avec, sous le couvercle, un projet immobilier sur les 5 hectares de l’entreprise. Devant le silence assourdissant des notables nancéens, la seule solution fut de « faire du bruit », insiste Alain Pora, secrétaire de l’union locale CGT.

Défrayant tous les jours les chroniques locales, ils ont sorti, une à une, les preuves. Cartes, écrits, comptes, tout est déballé sur la place publique, mettant dans l’embarras les politiques locaux. Ceux-ci misaient sur l’essoufflement de la lutte. « Le préfet nous a dit : "Vous avez été liquidés, il est trop tard !" La maire UMP de Saulxures a porté plainte contre moi pour diffamation. Certains nous ont invités à prendre le plan de reclassement et à plier bagage. Mais rien n’y a fait. On a pris soin de notre outil de travail. On a fait tourner les machines pour la maintenance et entretenu les contacts avec nos fournisseurs. Avec le soutien de la population, on a cru jusqu’au bout à la reprise », commente Odile Cassiani.

Comme le soulignent les élus communistes au conseil régional de Lorraine qui n’ont jamais cessé de manifester leur soutien aux salariés de Malora : « C’est parce que ce combat est admirable que la victoire est d’autant plus belle ! » Le conflit n’est pour autant pas totalement fini. Les salariés veulent que les deux plaintes déposées pour faillite frauduleuse aboutissent à des condamnations : « Une jurisprudence pourrait servir bon nombre de salariés qui, comme les Malora, ont le malheur de croiser sur leur chemin un patron voyou », conclut Alain Pora.

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