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Un article de Fanny Doumayrou paru dans l’Humanité du 13 décembre 2005

Un nouveau contrat pour mieux exploiter les chômeurs

mardi 13 décembre 2005 par Fanny Doumayrou
Emploi . Le premier ministre devait présenter hier aux syndicats et au patronat un projet de « contrat de transition pofessionnelle » pour les victimes de licenciement économique.

Le gouvernement sait que les statistiques officielles affichant une baisse du chômage ne convainquent pas, surtout quand le nombre d’ érémistes augmente de 5,2 % en un an : il doit donc continuer à s’agiter sur le « front de l’emploi ». Hier, en fin d’après midi, le premier ministre Villepin devait recevoir patronat et syndicats au ministère de l’Emploi, pour leur donner « des réponses, du concret, des perspectives », dans trois domaines : l’emploi, le pouvoir d’achat, et les discriminations sur le marché du travail.

expérimentation d’un « contrat de transition »

Concernant l’emploi, le premier ministre devait annoncer pour janvier une « deuxième étape de son plan contre le chômage » lancé en juin, avec pour mesure centrale la création du « contrat nouvelles embauches » avec deux ans de période d’essai. Il devait aussi lancer l’expérimentation dans six sites d’un « contrat de transition professionnelle » (CTP), dont le contenu a en partie été présenté par le ministre de l’Emploi, Jean-Louis Borloo, hier dans la Tribune. Sans grande originalité, celui-ci y explique qu’« à l’heure des grandes mutations, il faut absolument qu’un salarié privé d’emploi ne vive pas cette période comme un traumatisme mais comme une mutation vers un nouvel emploi ou un nouveau métier ». Le salarié licencié économique signerait un CTP avec une « structure publique à déterminer ». Pendant la durée du contrat, non précisée, il toucherait quasiment son ancien salaire, bénéficierait d’une formation et « exercerait son activité auprès d’entreprises privées ou d’organismes publics ». Le CTP serait financé à la fois pas les ASSEDIC (à hauteur de l’allocation chômage de la personne), par les entreprises employant le salarié, et par l’État.

Autrement dit, il s’agit d’une forme d’intérim organisé par un organisme public, qui permettrait aux entreprises de disposer d’une main-d’oeuvre à très bas coût, puisqu’elles ne verseraient qu’une petite partie du salaire. On se doute que les formations auxquelles aurait droit le chômeur ne seraient pas celles de son choix pour une véritable reconversion, mais des formations express pour les besoins locaux des entreprises, dans les secteurs comme la restauration, le bâtiment, les services.

Sur le pouvoir d’achat, alors que les syndicats attendent des annonces concrètes tant pour le privé que pour le public, où une première séance de négociations a échoué la semaine dernière, le premier ministre devait se contenter d’annoncer pour 2006 un projet de loi de réforme de la participation.

une journéee d’action interprofessionnelle

Dès dimanche, le secrétaire général de Force ouvrière Jean-Claude Mailly a prévenu qu’en cas d’absence de réponses concrètes, il se prononcerait pour l’organisation d’une journée de grève interprofessionnelle, tandis que la CGT envisage une journée d’actions fin janvier pour faire suite au 4 octobre.

Quant à l’égalité des chances, décrétée « grande cause nationale » 2006 depuis les événements dans les banlieues, elle fera également l’objet d’un projet de loi dans les semaines à venir.

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