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MARIE VISOT. | Le Figaro le 04 juillet 2007

Un tiers des PME absorbé au bout de quatre ans

mercredi 4 juillet 2007 par Marie Visot
Entre 1999 et 2003, un tiers des PME françaises est passé sous le contrôle de groupes. Le gouvernement veut les aider à grandir et exporter.

CERTAINS considèrent l’absorption de PME par des groupes comme une chance pour le développement des entreprises françaises, notamment à l’international ; d’autres, au contraire, comme une menace pour le vulnérable tissu des petites et moyennes entreprises. Quoi qu’il en soit, le tiers des PME (de 20 à 500 salariés) indépendantes en 1999 était passé sous contrôle d’un groupe en 2003, selon une étude publiée hier par l’Insee. En quatre ans, 15 200 PME sont ainsi entrées dans un groupe, sans que le nouvel ensemble dépasse toutefois, dans les trois quarts des cas, 250 salariés. Mais, après leur intégration, le développement de ces entreprises « s’accélère sensiblement », relève l’étude.

Les groupes ne choisissent pas n’importe quelle entreprise comme « proie » : ils visent les entreprises qui ont la plus forte croissance de valeur ajoutée. Elles sont aussi deux fois plus nombreuses dans les secteurs de haute technologie. Ils les choisissent enfin avec une meilleure connaissance des marchés à l’export « dans la mesure où la conquête des marchés étrangers implique des coûts supplémentaires de marketing, d’acheminement du produit et de distribution sur place ». Ce qui permet à l’entreprise « absorbante » d’acquérir « de nouveaux savoir-faire en exportant ou en se mettant à exporter », note l’étude.

Reste que ces PME exportatrices, il faut en augmenter le nombre, en leur permettant de grandir, de se développer et de regagner des parts de marché. C’est l’une des priorités du gouvernement, qui veut mettre fin au « décrochage de nos moyennes entreprises dans la compétition internationale », selon l’expression utilisée hier par François Fillon.

« Primordiales pour le tissu économique »

La CGPME, reçue en fin de semaine dernière par les nouveaux locataires de Bercy, Hervé Novelli et Christine Lagarde, a de nouveau donné sa recette pour soutenir les PME. Dans un document qu’elle leur a remis, la confédération fait des propositions aussi variées que la nomination de « correspondants PME » dans chaque ministère, la publication d’une « liste noire » de ceux qui ne respectent pas les délais de paiement, une étude d’impact sur les mesures qui sont prises, la concrétisation des mesures favorables à la transmission, l’encouragement du capital investissement pour les PME, la ratification de l’accord de Londres sur les brevets - la CGPME prévoit de présenter un amendement dans le texte sur l’Université. « Certaines de ces revendications ne sont pas neuves ; nous allons maintenant tout regarder de très près. Les PME sont primordiales pour notre tissu économique », indique-t-on dans l’entourage de la ministre de l’Économie - qui, dans ses précédentes fonctions au Commerce extérieur, s’était déjà démenée pour convaincre la Commission européenne de l’impératif d’obtenir à l’OMC un accès privilégié aux marchés publics pour les PME, comme l’ont les Américains - un sujet dont le premier ministre a réaffirmé hier l’importance.


Expérimenter la suspension des effets de seuil

C’était une vieille revendication des PME... mais aussi une promesse de Nicolas Sarkozy. Le gouvernement va expérimenter « la suspension de certains effets de seuils », ce mécanisme qui bloque le développement des entreprises et freine l’embauche, a annoncé hier François Fillon, dans son discours de politique générale. Quand une PME passe à 10 salariés, puis à 50 et à 100, elle se heurte en effet à de nouvelles obligations (comité d’entreprise, délégués du personnel...). Le patronat se plaît à rappeler régulièrement que la France compte deux fois plus d’entreprises de 9 salariés que de 10. Et quand elle passe de 49 à 50 salariés, elle « se trouve face à 34 obligations supplémentaires et sa masse salariale augmente de 4,16 % d’un coup ! », soulignait récemment dans Le Figaro (nos éditions du 25 juin) le président de la CGPME, Jean-François Roubaud.

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