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Un article de Paule Masson paru dans l’Humanité du 2 juin 2005

Une fusion syndicale dans les banques

jeudi 2 juin 2005 par Paule Masson

Des équipes CGT et CFDT qui fusionnent, cela n’est pas courant. C’est même une première. Ce soir, quelque 250 délégués réunis à Cogolin, dans le Var, pour constituer la nouvelle fédération CGT des syndicats du personnel des banques et des secteurs financiers, auront finalisé, avec l’élection de la direction, la fusion « d’égaux à égaux » entre les militants « ex-CFDT » et la CGT du secteur. Après le départ à l’automne dernier de la quasi-totalité des dirigeants des banques CFDT, et avec eux de plusieurs centaines de militants, un processus d’unification syndicale s’est mis en marche.

« On ne sait plus qui vient d’où »

Loin d’être « l’absor- ption » d’une structure par une autre, les deux parties ont choisi de donner naissance à une nouvelle fédération, pour donner corps à l’idée du « syndicalisme rassemblé ». Hier, Bernard Thibault a profité de l’aubaine pour venir à Cogolin plaider une nouvelle fois en faveur du rassemblement syndical. « C’est un événement important, exceptionnel, qui démontre que le syndicalisme français n’est pas cantonné à ses divisions permanentes, à sa dispersion », a déclaré le secrétaire général de la CGT.

Les travaux de Cogolin ont commencé, lundi, par la dissolution de la CGT banques, adoptée à 76,56 % des mandats qui représentent 90 % des syndiqués. Ainsi, le processus d’intégration a été rendu possible avec l’équipe du Syndicat du personnel des banques, mis en place par les anciens cédétistes dans l’attente du congrès. Depuis, les débats d’orientation « bénéficient de la dynamique de circonstance du lendemain de référendum », se félicite Philippe Bourgalllé. Celui qui était jusqu’alors secrétaire - général de la fédération s’amuse déjà de « ne plus savoir qui vient d’où », dans les interventions. « Il n’y a plus d’ex, il n’y a que des nouveaux », savoure-t-il. La nouvelle fédération se fixe comme ambition de « rechercher en permanence l’unité syndicale », de « garantir les mêmes droits à chaque adhérent », de « respecter la liberté d’opinion » et d’être indépendante du patronat comme des partis politiques.

Mélange des cultures

Dans un paysage syndical divisé et éclaté, l’impulsion donnée dans les banques est, espèrent ses initiateurs, un moment fondateur qui aura des prolongements. Les documents d’orientation en discussion hier insistent sur l’idée qu’il ne s’agit ni d’un « coup tactique ni d’un habillage ». L’élaboration des statuts s’est attachée à mélanger les deux cultures syndicales, même si les prochains mois vont donner lieu à un certain nombre d’expérimentations. Le projet de résolution affirme le besoin de résister aux coups de semonces libéraux, en particulier dans les secteurs des banques et des assurances soumis à des restructurations permanentes, et de conquérir des droits sociaux. Pour y parvenir, il récuse la « fausse opposition entre pôle réformisme et pôle radical ». Jean-Claude Branchereau, ancien premier secrétaire de la CFDT banques, plébiscite plutôt « une dynamique vertueuse de développement d’un syndicalisme attractif ni accompagnateur des contraintes du - libéralisme, ni purement contestataire ». Le congrès affirme donc que la construction de cette fédération correspond « à un changement d’échelle dans le paysage syndical » et a pris comme première décision la mise en place « d’un comité de liaison permanent d’unité syndicale ».

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