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Luc Cedelle et Christophe Jakubyszyn | Le Monde le 27 mai 2007

Une meilleure organisation de la Journée de solidarité est envisagée

dimanche 27 mai 2007 par Christophe Jakubyszyn, Luc Cedelle

Quand il était ministre de l’éducation nationale, François Fillon plaidait pour que le lundi de Pentecôte, décrété en 2004 journée nationale de solidarité avec les personnes privées d’autonomie, soit une journée de travail normal pour tout le monde. Il souhaitait qu’à l’école il y ait classe partout afin que parents et enfants soient en phase. Premier ministre, il hérite de la "souplesse" imposée par son prédécesseur de l’époque, Jean-Pierre Raffarin, qui avait reculé face aux protestations suscitées par la suppression de ce jour férié traditionnel.

Trois ans plus tard, le lundi de Pentecôte divise toujours le monde du travail. Selon un sondage OpinionWay, publié vendredi 24 mai par le quotidien gratuit Metro, 41 % des Français en activité travailleront lundi, 59 % resteront chez eux. Le taux varie selon le public et le privé. Dans la fonction publique, 27 % seulement iront travailler, contre 52 % dans le privé et 61 % pour les personnes à leur compte (artisans, agriculteurs, commerçants, chefs d’entreprise).

APRÈS LA CANICULE

L’abandon d’un jour férié avait été décidé dans la foulée de la canicule de l’été 2003 pour alimenter une caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, la CNSA. Les employeurs publics et privés versent à la Caisse une contribution assise sur cette journée supplémentaire de travail, qui représente 0,3 % de la masse salariale. Les revenus du capital sont également taxés à hauteur de 0,3 %.

Chacun s’organise avec ses salariés pour répercuter cette journée. Dans la fonction publique, dans de nombreuses entreprises privées, le lundi de Pentecôte ne sera pas travaillé, moyennant la suppression d’un jour de RTT. Dans le privé, certaines entreprises ont fait "cadeau" du lundi à leurs salariés.

A l’école, le lundi de Pentecôte reste férié pour les élèves. Pour les professeurs, il est "travaillé" selon des modalités décidées par les inspecteurs de l’éducation nationale ou les chefs d’établissement. Cela donne lieu à des situations très différentes d’un endroit à l’autre.

Le gouvernement de François Fillon pourrait réfléchir à une meilleure organisation de cette journée, mais il exclut de revenir sur cette mesure. Le nouveau ministre du travail, des relations sociales et de la solidarité, Xavier Bertrand, a assuré, le 22 mai, "qu’en aucun cas le principe de cette journée de solidarité ne sera remis en cause". Toutefois, a-t-il annoncé, une évaluation sera menée au lendemain du lundi de Pentecôte "pour faire le point sur les modalités d’application et voir ce qui peut être amélioré".

La contribution perçue grâce au jour férié travaillé devrait s’élever, selon la caisse nationale, à 2,1 milliards d’euros en 2007. Elle était de 1,9 milliard d’euros l’année précédente : 40 % ont servi à la prise en charge des personnes âgées en établissement, soit 800 millions d’euros. Et 400 millions d’euros sont allés à l’allocation personnalisée d’autonomie. Pour les personnes handicapées, cette contribution a participé au financement de l’accueil dans des structures collectives à hauteur de 254 millions d’euros. Et 550 millions d’euros ont servi à financer des maisons départementales du handicap et des aides individuelles.

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