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Un article de Frédéric de Monicault. paru dans Le Figaro le 25 novembre 2005

Une nouvelle hausse des prix du gaz se profile

vendredi 25 novembre 2005 par Frédéric de Monicault
ÉNERGIE Début décembre, une table ronde organisée par le gouvernement doit réexaminer le principe de fixation des prix.

LA TENSION n’est pas prête de retomber sur le dossier sensible des prix du gaz. A peine la dernière hausse vient-elle d’entrer en vigueur (+ 12% depuis le 1er novembre, ramenée à 3,8% moyennant des gestes commerciaux) que se profile l’ombre d’une nouvelle majoration, à compter du 1er janvier prochain.

Le nouveau contrat de service public stipule en effet que les prix du gaz soient revus, non plus deux fois par an, mais désormais tous les trimestres, à compter du début 2006. Or la période de référence de six mois retenue pour le calcul du prochain ajustement des tarifs s’achève le 30 novembre. Il inclut donc l’été au cours duquel le baril de pétrole a atteint 70 dollars. Les prix du gaz étant indexés sur ceux du pétrole, l’application de la formule tarifaire fait que Gaz de France (GDF) serait aujourd’hui en droit réclamer une augmentation de 5%. Un chiffre qui n’est pas « aberrant » selon une source proche du dossier.

Mais ce n’est pas tout. Un rattrapage de 2,5% est également prévu à compter du 1er janvier. Il correspond à une répercussion incomplète des coûts d’approvisionnement de GDF lors de la révision tarifaire de l’automne 2004. A l’époque, ni Bercy ni Matignon n’avaient voulu assumer la responsabilité d’une trop lourde hausse des tarifs. Le principe d’un rattrapage avait donc été entériné. Aujourd’hui, en incluant ce rattrapage, l’entreprise, cotée depuis juillet dernier, serait en droit de réclamer une hausse totale de 7,5% de ses tarifs.

Un nouveau psychodrame menace le gouvernement. En théorie tout du moins. Une nouvelle augmentation de cette importance est en effet loin d’être certaine. Début décembre - la date exacte n’est pas encore connue -, une table ronde doit se tenir à Bercy pour se pencher sur les mécanismes de fixation de prix du gaz, et par conséquent de rediscuter du calcul de la formule actuelle.

Revoir la formule tarifaire

Les débats promettent d’être animés. La formule tarifaire est en effet un élément clé de la stratégie de Gaz de France, qui permet de donner de la visibilité à tous les observateurs financiers. Les investisseurs sont peu enclin un changement des règles du jeu.

L’initiative d’une table ronde fait suite à la crise du mois dernier, qui a vu le gouvernement faire pression sur l’entreprise pour limiter la hausse prévue. A l’arrivée, Gaz de France a certes obtenu la majoration demandée (+ 12%), mais elle a dû assortir cette augmentation d’un certain nombre de gestes commerciaux qui, in fine, ont ramené la hausse à 3,8% en moyenne jusqu’au 1er avril.

Avec ces discussions, le gouvernement espère bien réussir à éviter une nouvelle crispation. Il est probable que les participants observent les pratiques des pays voisins. Certains à l’instar du Royaume-Uni ont opté pour une libéralisation totale des prix du gaz. Centrica (40% des foyers britanniques) a augmenté la facture de 18,3% sur la seule année 2004.

En Espagne, où les tarifs continuent d’être réglementés, les ménages ont enregistré une double hausse de 3,9% en juillet et 5,6% en octobre. Et en Belgique, les prix pour les ménages ont augmenté en moyenne de 18% depuis début 2004 et devraient encore s’apprécier de 10% dans les prochains mois, sur un marché aux trois quarts libéralisés.

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