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Un article de Anne-Laure Julien paru dans le Figaro du 10 aout 2005

Une offre publique de 11,2 milliards d’euros

mercredi 10 août 2005 par Anne-Laure Julien

Depuis cinq bonnes années, la plupart des banquiers travaillent sur les différents scénarios qui permettraient à Suez de monter en puissance dans sa filiale belge. Le groupe a finalement tranché hier pour la solution la plus simple : une offre publique sur les 50% du capital qu’il ne détient pas encore. Suez propose ainsi d’échanger une action Electrabel contre quatre des siennes et 322 euros en numéraire, ce qui correspond à un prix global par action d’environ 410 euros. La prime offerte aux actionnaires de la société belge par rapport au prix du marché s’élève à environ 15%, si on ne tient pas compte des mouvements spéculatifs des quinze derniers jours. Depuis le 22 juillet, Suez a en effet observé des volumes d’échange anormalement élevés sur le titre Electrabel, accompagnés d’une hausse de 9% du cours de Bourse. Ce qui l’a d’ailleurs conduit à dévoiler plus tôt que prévu son offre publique. Le gendarme de la Bourse belge en a été informé.

Quoi qu’il en soit, l’addition s’élève pour le groupe français à 11,2 milliards d’euros. La majorité de la somme, soit 8,8 milliards, sera empruntée auprès des banques. Par la suite, dans un délai d’un an maximum, Suez sollicitera la Bourse pour une augmentation de capital, en proposant des actions nouvelles pour 2,5 milliards d’euros. Ses principaux actionnaires se seraient déjà engagés à y souscrire. La somme ainsi levée servira à rembourser une partie de l’emprunt contracté. Resteront néanmoins 6 milliards d’euros de dettes supplémentaires, qui s’ajouteront aux 11 milliards déjà existants. « Nous allons poursuivre notre discipline financière », a tenu à rappeler hier le président de Suez, Gérard Mestrallet. Il a rappelé que, face à ces dépenses, un programme de cession d’actifs est actuellement en cours. Quant au solde à payer pour racheter Electrabel, c’est-à-dire 2,4 milliards d’euros, le groupe compte se servir de ses actions comme monnaie d’échange. Des titres nouveaux seront donc émis dans ce but.

A l’arrivée et malgré les enjeux financiers, l’opération ne devrait pas avoir d’impact négatif sur le cours de Suez qui s’est d’ailleurs, dès hier, apprécié de 7%. Gérard Mestrallet promet une création de valeur pour les actionnaires. Pour l’heure, la simplification des structures entre Electrabel et sa maison mère est appréciée du marché, qui la réclame depuis plusieurs années déjà.

Côté belge, l’appréciation de l’opération pourrait être différente. D’une part, le prix offert se situe sans doute au-dessous des attentes des actionnaires. D’autre part, Electrabel, l’EDF belge, est amené à disparaître. Toutefois, tant que Suez n’a pas obtenu le statut de société européenne, la fusion avec sa filiale belge semble compliquée. Celle-ci restera donc, dans un premier temps, cotée à Bruxelles avec un flottant réduit. Par la suite, lorsque le groupe français deviendra européen, il absorbera Electrabel, et le nouvel ensemble ainsi constitué sera coté sur les deux places : à Paris et à Bruxelles.

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