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Un article de Rémi Barroux paru dans Le Monde le 3 décembre 2005

Unedic : les syndicats et le patronat s’opposent sur la réduction de la durée d’indemnisation

samedi 3 décembre 2005 par Rémi Barroux

"Blocage."L’expression était reprise par presque toutes les organisations syndicales à l’issue de la troisième séance de négociation de la convention de l’assurance-chômage, jeudi 1er décembre. Comme il fallait s’y attendre, syndicats et patronat ne se sont pas entendus sur les premières propositions avancées par le Medef concernant les termes de la future convention de l’Unedic, qui doit prendre effet à partir du 1er janvier 2006.

A ce jour - la prochaine réunion, fixée au 7 décembre, ne sera pas la dernière, le délai ultime de négociation étant le 31 décembre -, tous les syndicats continuent de refuser que l’on modifie les règles d’indemnisation, le montant des allocations et leur durée. Quant au patronat, il martèle qu’il est impossible d’envisager une quelconque hausse des cotisations ou une surtaxe du travail précaire (contrats à durée déterminée, intérim).

"Nous avons les cotisations employeurs et les cotisations salariés les plus élevées d’Europe : voulez-vous vraiment que l’on pèse encore plus sur la capacité de création d’emplois des entreprises et sur le pouvoir d’achat des salariés ?", ne cesse de demander Denis Gautier-Sauvagnac, responsable de la négociation pour le Medef et président de l’Unedic.

Quant aux syndicats, à des degrés divers, ils considèrent, tous, que les efforts à consentir pour redresser la situation de l’assurance-chômage, dont le déficit cumulé atteint 13,5 milliards d’euros, ne doivent pas reposer sur les demandeurs d’emploi. Avec la réduction de la durée d’indemnisation de 30 à 23 mois, la dernière convention Unedic, en 2002, a déjà fait porter l’effort sur les chômeurs, estiment CFDT, CFTC et CFE-CGC, tous trois membres de la majorité de gestion de l’assurance-chômage, avec le patronat.

"ELAGUER À LA HACHE"

"Ce soir, nous sommes dans une situation très proche du blocage", indiquait donc Jean-Marie Toulisse (CFDT) au sortir de la réunion. "Le patronat veut élaguer à la hache les durées d’indemnisation pour faire des économies", a-t-il dénoncé. De fait, dans le document proposé aux syndicats, qui en est déjà à sa troisième version, les organisations patronales (Medef, CGPME, UPA) proposent "un ajustement des filières". Si aucune indication de réduction ne figure encore sur le papier, des chiffres ont bien été évoqués. Pour la filière principale B - les personnes ayant cotisé plus de 13 mois -, la durée pourrait être réduite de 23 à 18 mois. Pour la filière A - les personnes ayant cotisé entre 6 et 13 mois -, l’indemnisation de 7 mois serait réduite à 6. Et, pour les plus de 50 ans qui justifient de 27 mois de cotisation sur les 36 derniers mois, la durée d’indemnisation passerait de 36 à 24 mois.

Ces propositions, véritables enjeux de la négociation, n’ont pourtant pas encore été abordées. "Sur les points les plus durs de la négociation, le Medef a parlé une demi-heure seulement. Les choses se font en coulisse, on n’est pas dupes", a ainsi déclaré Maurad Rabhi (CGT) jeudi soir.

L’essentiel de la discussion a porté sur le "titre I" du projet d’accord, soit "le retour à l’emploi" des chômeurs. Jean-Claude Quentin (FO) a argumenté sur la nécessité d’"augmenter les contrats de professionnalisation à 80 000 par an durant cinq ans", ce qui représenterait une économie de nature à réduire fortement le déficit de l’Unedic. Quant à Michel Coquillion (CFTC), il a rappelé qu’il n’avait "pas de mandat pour toucher à l’indemnisation" et a indiqué que, si le Medef voulait trouver des fonds pour l’assurance-chômage, "pour avoir des effets rapides, il faut modifier les cotisations".

Autant de propos que ne veut pas entendre le Medef. "Le problème est de savoir si les syndicats gestionnaires veulent passer le 1er janvier 2006 en espérant que la situation financière de l’Unedic s’arrangera d’elle-même", note M. Gautier-Sauvagnac. Une question directe adressée à la CFDT, à la CFTC et à la CFE-CGC.


Prime de Noël : 152 euros au minimum

Le premier ministre, Dominique de Villepin, a annoncé, lors de sa conférence de presse, jeudi 1er décembre, que la prime de Noël versée aux familles les plus démunies sera reconduite. "Cette prime de Noël, c’est bien sûr la marque de notre solidarité vis-à-vis des plus démunis, et c’est donc une exigence", a-t-il estimé.

Le premier ministre a indiqué que cette prime, versée au profit des personnes titulaires du RMI ou de l’ASS (allocation de solidarité spécifique), "sera versée d’ici à la fin de l’année". Elle a été fixée à 152,45 euros pour une personne seule, 228,67 euros pour une personne seule avec enfant, ou pour un couple, et à 274,41 euros pour 3 personnes, un couple avec un enfant, par exemple.

L’enveloppe budgétaire totale allouée à la prime sera "équivalente à celle de l’année dernière" soit "environ 300 millions d’euros, qui ont déjà été provisionnés dans le budget", assure-t-on à Bercy. Les crédits nécessaires au financement de la prime seront dégagés par voie d’amendement à la loi de finances rectificative 2005, qui devrait être discutée à l’Assemblée nationale, mercredi 7 décembre

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