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Sabine Cessou | Libération le 13 octobre 2007

Unilever réussit à mettre les Hollandais en grève

lundi 15 octobre 2007 par Sabine CESSOU
Entreprise. Le géant industriel a annoncé la fermeture de trois usines sur six dans le pays.

Il aura fallu la menace de 20 000 suppressions de postes dans le monde et de trois fermetures d’usines aux Pays-Bas pour mettre un millier de salariés hollandais d’Unilever dans la rue. Dans un pays connu pour son goût du consensus social, les ouvriers du géant industriel anglo-néerlandais ont fait grève, hier, et pour le deuxième jour consécutif, dans les six usines du pays. Dans les rues de Rotterdam, ils scandent : « Pas de fermeture d’usines et pas de licenciements forcés ! » La veille, ils étaient un millier à suivre le mot d’ordre de grève lancé par les deux plus grandes centrales syndicales du pays.

Unilever, le producteur des savons Dove, du thé Lipton ou des glaces Magnum est en bonne santé : 39,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 5,4 milliards de profits en 2006. Mais il s’apprête à se délester de 11 % de sa main-d’œuvre. En août, 20 000 suppressions d’emplois (12 000 en Europe) ont été annoncées, sans que syndicats ni comités d’entreprise aient été informés.

Le conflit s’est durci avec l’annonce, mardi, de la fermeture de trois de ses six usines néerlandaises, parmi lesquelles la fabrique de beurre de cacahuète Calvé, à Delft. La délocalisation de la production vers des pays d’Europe de l’Est se soldera par 474 emplois supprimés, d’ici à la fin 2008, sur des effectifs de 4 300 personnes aux Pays-Bas. « Voilà des années que la direction nous assène son arrogance et que nous sommes pressés comme des citrons, s’insurge Lucas Vermaat, délégué de la Fédération des syndicats néerlandais et alliés (FNV Bondgenoten). Unilever veut vendre l’une de ses usines à Rotterdam parce qu’elle se trouve au bord d’une rivière, sur un site qui intéresse les promoteurs immobiliers. »

Alors que la plupart des groupes néerlandais s’illustrent par une culture du consensus et des innovations sociales, Unilever est l’une des rares sociétés à pratiquer une gestion autoritaire. La sécurité de l’emploi sur trois ans, demandée depuis fin 2006 par les syndicats, est l’un des points d’achoppement. « Nous n’avons jamais rien à discuter avec personne, puisque les décisions sont prises à l’échelle européenne, avant d’être appliquées par de simples pions dans les différents pays », dénonce Lucas Vermaat. Une réunion de concertation entre syndicats européens concernés par la restructuration d’Unilever s’est tenue le 25 septembre à Amsterdam. Une manifestation monstre est prévue le 4 décembre à Rotterdam.

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