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ALEXANDRA SCHWARTZBROD | Libération le 3 août 2007

Unilever va supprimer 20 000 emplois

vendredi 3 août 2007 par Alexandra SCHWARTZBROD
Social. D’ici quatre ans, le groupe anglo-néerlandais devrait fermer 50 à 60 sites dans le monde.

Le géant de la grande ­consommation a si peur que sa taille pèse sur ses profits à venir qu’il a décidé d’entreprendre une cure d’amaigrissement drastique. L’anglo-néerlandais Unilever, qui produit quasiment tout ce que nous consommons chaque jour (des soupes Knorr aux glaces Carte d’or ou Ben & Jerry’s, en passant par la moutarde Amora, le thé Lipton, les savons Dove, Lux et Rexona, ou les lessives Omo et Skip), a annoncé hier à Rotterdam qu’il allait supprimer 20 000 emplois dans le monde d’ici à quatre ans - 11 % du total de son personnel. Sur les 300 sites de production qu’il possède tout autour de la planète, 50 à 60 devraient être soit carrément fermés, soit « rationnalisés substantiellement », selon le PDG (français) du groupe, Patrick Cescau.

Vaste plan. Pourquoi une telle purge alors que le bénéfice net affiche une hausse de 16 % au deuxième trimestre (à 1,2 milliard d’euros), et le chiffre ­d’affaires une augmentation de 3 % (à 10,5 milliards d’euros) ? Des résultats qui dépassent d’ailleurs les attentes des analystes financiers, prédisant plutôt un ralentissement des ventes. Parce que le marché de la grande consommation est devenu extrêmement compétitif et que les demandes des consommateurs changent très vite. « Il faut toujours avoir une longueur d’avance », explique-t-on chez Unilever France. Pas question de traîner des marques qui stagnent, ou, pire, ne marchent plus. La « rationalisation » annoncé hier s’inscrit d’ailleurs dans un vaste plan entamé en 2000 afin de lutter contre la baisse des ventes.

Chez Unilever France, justement, la croissance des ventes a fléchi de 2,6 % en 2006, une situation qui a conduit la direction à annoncer en mai un projet de réorganisation sur trois ans, prévoyant notamment la suppression de 200 postes à son siège de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine). Les dix sites industriels que compte Unilever dans l’Hexagone (en Alsace, en Bourgogne, en Provence ou en Normandie) vont-ils être touchés à leur tour ? La direction ne fait pour l’instant aucun commentaire. Mais le chiffre d’affaires d’Unilever étant réalisé à 43 % en Europe, il y a fort à parier que la zone va souffrir. Notamment la France, où le personnel s’inquiète. « Certains indices, comme la ­délocalisation de la recherche et du ­développement en ­Pologne, nous font penser que la fin est proche », déclarait hier à l’AFP Léa Vaché, déléguée CGT. « C’est l’Europe de l’Ouest qui va dérouiller, car il est certain qu’ils ne vont pas fermer les usines à l’Est qu’ils viennent d’ouvrir. »

Marketing. L’objectif d’Unilever est surtout de rattraper le grand rival Procter & Gamble en réduisant ses coûts financiers et en faisant des coups marketing, tels la campagne des produits de soins Dove qui a ciblé pour la première fois des femmes trop enveloppées ou trop « matures », loin des jeunes mannequins filiformes. L’entreprise semble moins imaginative en matière de ressources humaines.

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