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Une dépèche AFP parue sur lemnde.fr le 26 décembre 2005

Viktor Iouchtchenko dénonce des "spéculations politiques" dans le conflit avec Gazprom

lundi 26 décembre 2005

Le président ukrainien, Viktor Iouchtchenko, a mis en garde, lundi 26 décembre, contre l’escalade du conflit gazier russo-ukrainien, et a de nouveau estimé que l’importante augmentation des prix demandée par Moscou était dictée par des raisons politiques. De son côté, l’entreprise d’Etat russe Gazprom s’est dite prête à un compromis.

"Nous sommes pour la libéralisation des prix du gaz [livré par la Russie à l’Ukraine] et de ceux de transit [du gaz russe vers l’Europe via l’Ukraine]. Mais il faut que ces prix soient motivés par l’économie et non par des spéculations politiques", a déclaré M. Iouchtchenko, dans une interview à l’hebdomadaire Rousski Newsweek, lundi 26 décembre.

Gazprom a cependant annoncé, dimanche 25 décembre, qu’elle était prête à accepter un compromis concernant le prix du gaz tout en étant disposée à porter ce conflit devant l’Institut d’arbitrage de la Chambre de commerce de Stockholm s’il n’était pas résolu avant le 1er janvier.

"Nous avons fait des propositions pour réfléchir à la manière dont l’Ukraine pourrait adapter son économie aux nouveaux prix. Nous leur avons dit : si vous n’avez pas la possibilité de payer en [espèces] le gaz que nous vous fournissons, cherchons un compromis. Vous paierez une partie en [espèces] et une partie en nature... avec des produits qui nous intéressent", a indiqué Alexandre Medvedev, vice-président de Gazprom.

"UNE SORTE DE CHANTAGE"

Quelle que soit la solution retenue, Gazprom a l’intention de facturer son gaz à l’Ukraine au prix du marché international, à compter du 1er janvier, et d’annuler l’arrangement actuel, lequel permet à l’Ukraine de bénéficier d’un prix très bas en échange du passage du gazoduc sur son territoire.

Kiev paiera 230 dollars les 1 000 m3 de gaz livré, contre 50 dollars facturés actuellement - un tarif très largement subventionné et bien inférieur aux prix en vigueur sur le marché européen. Gazprom a menacé d’arrêter ses fournitures à l’Ukraine si un accord n’était pas trouvé d’ici à cette date.

La pression politique est palpable, puisque M. Medvedev a annoncé que la Géorgie, l’Azerbaïdjan et l’Arménie paieront le gaz 110 dollars, soit moitié moins cher.

Commentant l’annonce de Gazprom, un haut responsable ukrainien a exprimé l’espoir d’un compromis sur les prix avec l’entreprise d’Etat russe. "L’Ukraine reconnaît la nécessité de passer aux prix internationaux, mais le problème-clé est le calendrier pour cela", a déclaré Oleg Ribachuk, chef du secrétariat de la présidence. "Aucun pays ne triple ses prix du jour au lendemain", a ajouté M. Ribachuk, qui a souligné que "rien ne changera après le 1er janvier 2006" et que les consommateurs "ne sentiront aucune différence".

L’essentiel des exportations de la production gazière russe vers l’Europe occidentale transite par l’Ukraine, et Gazprom accuse régulièrement Kiev de siphonner le gaz à destination des clients européens qui passe sur son territoire.

"80 % de nos exportations passent par l’Ukraine. Et il semble qu’il y ait une sorte de chantage ou de comportement assimilables à de la piraterie de la part de nos collègues ukrainiens. Toutefois, nous ne vivons pas dans la jungle mais dans un monde civilisé, et j’espère que la raison prévaudra", a souligné M. Medvedev.

Avec AFP

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