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Article de CÉCILE CALLA. Publié dans le Figaro le 09 septembre 2006

Volkswagen négocie le retour aux 35 heures

samedi 9 septembre 2006 par Cécile Calla
Pionnier de la semaine de quatre jours, le constructeur allemand doit améliorer sa productivité.

LES NÉGOCIATIONS concernant le vaste plan de restructuration attendu chez Volkswagen sont entrées dans une phase concrète. Pour rétablir la compétitivité de ses usines en Allemagne de l’ouest, le géant allemand de l’automobile souhaite administrer à sa marque vedette une sévère cure d’amaigrissement. Le constructeur souffre depuis plusieurs années d’une faible productivité et de surcapacités. Et même si les résultats de Volkswagen se sont améliorés en 2005, les performance de la marque restent décevantes. Explication : le salaire horaire dans les usines Volkswagen est supérieur de 20 % au reste de l’industrie automobile.

Pour inverser la tendance, le constructeur a entamé depuis le mois de juin des discussions avec le syndicat IG Metall devant aboutir à une importante restructuration. « Il en va de l’avenir de Volkswagen en Allemagne », a averti hier solennellement Horst Neumann, le directeur du personnel, avant la reprise des négociations dans la matinée. La direction du groupe souhaite supprimer au moins 20 000 emplois dans les trois ans à venir, soit un sur cinq. La suppression de la semaine de quatre jours et le retour aux 35 heures sans compensation salariale se trouve au coeur des pourparlers. Considérée à l’époque comme une innovation majeure, cette mesure avait été adoptée pour sauver 30 000 emplois. Désormais, Volkswagen souhaite faire machine arrière. Tout en prenant acte « des problèmes de la marque Volkswagen », le syndicat a refusé jusqu’à présent de parler d’un allongement de la durée du travail tant que la direction n’aura pas donné des garanties sur l’emploi, sur l’assurance de la fabrication de nouveaux modèles en Allemagne et sur la mise en place d’un système d’intéressement des salariés aux bénéfices de l’entreprise. IG Metall souhaite notamment que le directeur des marques, Wolfgang Bernhard, retire sa menace proférée à l’égard de Wolfsburg, siège social du groupe. Il avait évoqué le transfert d’une grande partie de la chaîne de production de la Golf hors de Wolfsburg, si le syndicat ne cédait pas.

Concernant les réductions d’emplois, la marge de manoeuvre de Volkswagen est limitée. Un accord tarifaire signé en 2004 exclut tout licenciement d’ici 2011 pour les 103 000 employés des sites de production ouest-allemands, condamnant ainsi le constructeur à recourir à des systèmes de préretraites ou des primes avantageuses.

47 heures pour monter une Golf Mais la question du coût du travail ne constitue qu’un problème parmi d’autres. « La question de la réduction des coûts de fabrication est un enjeu très important », souligne Rolf Woller, analyste à la HypoVereinsbank. A titre d’exemple, le montage d’une Golf dure 47 heures à Wolfsbourg, tandis que Renault parvient à monter une Mégane en 17 heures à Palencia en Espagne.

Aussi, les conditions de développement de nouveaux modèles et une réorganisation de la fabrication des composants automobiles vont faire l’objet d’intenses débats dans les semaines à venir.

Dans tous les cas, les négociations s’annoncent longues. Le président du groupe Volkswagen, Bernd Pitschetsrieder, a indiqué cette semaine qu’il ne comptait pas sur un accord avant le mois de novembre.

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