Liste des auteurs

Un article de Eric Leser paru dans Le Monde le 19 février 2006

Washington veut lancer un "Partenariat mondial sur l’énergie nucléaire"

dimanche 19 février 2006 par Eric Leser

Pour combattre la prolifération des armes nucléaires et en même temps promouvoir l’utilisation civile de l’atome, l’administration américaine a lancé une initiative baptisée Global nuclear energy partnership (Partenariat mondial sur l’énergie nucléaire).

Annoncée par George Bush il y a un an, elle commence à prendre forme. "Le monde doit créer un système sûr et organisé pour installer des centrales nucléaires sans augmenter le danger de la prolifération", avait déclaré, le 11 février 2005, le président des Etats-Unis devant l’université de la défense nationale.

Dans le principe, il s’agit d’aider au développement de l’énergie nucléaire civile, qui est abondante et ne contribue pas à l’effet de serre et au réchauffement climatique, et de confier le contrôle exclusif de l’enrichissement à un club de grandes puissances nucléaires. L’approvisionnement des pays tiers en combustible et le retraitement seraient réalisés par les Etats-Unis, la Russie, le Japon, le Royaume-Uni ou la France, qui s’engageraient également à transférer des technologies civiles. Il serait ainsi possible de prévenir le risque de "nouveaux Iran", a expliqué jeudi 16 février, lors d’une conférence de presse, Robert Joseph, secrétaire d’Etat adjoint chargé du contrôle des armements. "Cette initiative est destinée à éviter que des pays cherchent à acquérir des technologies sensibles associées à l’enrichissement et au retraitement dont les véritables buts sont autres que l’énergie nucléaire civile." Pour renforcer la sécurité du dispositif, les pays fabriquant le combustible laisseraient volontairement des impuretés afin de rendre plus difficile tout développement d’une arme atomique.

Le 9 février devant la Commission des affaires étrangères du Sénat, Robert Joseph, mettait une nouvelle fois en garde contre le danger iranien. "Ce pays est à la jonction entre les armes de destruction massive et le terrorisme, poursuivant des programmes nucléaires, chimiques, biologiques et soutenant activement des mouvements terroristes. Voilà pourquoi un Iran disposant d’armes nucléaires est inacceptable pour nous."

ACCUEIL FAVORABLE À TOKYO

Des responsables américains se sont rendus, en janvier, dans plusieurs capitales pour présenter le projet qui devrait aboutir à un partenariat vers 2050. Les premiers contacts ont eu lieu à Vienne, au siège de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

La délégation s’est ensuite rendue à Londres, Paris, Moscou, Pékin et Tokyo. "Notre projet a été bien accueilli par nos partenaires potentiels", a déclaré Clay Sell, secrétaire adjoint à l’énergie. Le Japon a fait part de son intérêt et les Etats-Unis ont proposé à l’Inde et à la Turquie d’adhérer au partenariat mondial.

Les objectifs de la diplomatie américaine sont multiples. Il s’agit de marginaliser un peu plus l’Iran en institutionnalisant en quelque sorte le système proposé par Moscou et refusé par Téhéran qui consiste à enrichir sur le sol russe le combustible des centrales iraniennes.

Mais cette initiative visant à constituer un club des puissances nucléaires pour contrôler économiquement et politiquement le développement de cette énergie peut aussi être comprise comme une façon de se substituer au Traité de non-prolifération (TNP).

Beaucoup à Washington considèrent que ce traité a prouvé au cours des dernières années son inefficacité, puisqu’il n’a pu empêcher des pays comme l’Inde, le Pakistan ou la Corée du Nord de se doter d’armes atomiques. Il faut donc, selon les responsables américains, trouver une solution de remplacement.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !