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Un article Diane Cambon paru dans Le Figaro du 16 novembre 2005

Zapatero veut porter l’âge de la retraite à plus de 65 ans

mercredi 16 novembre 2005 par Diane Cambon
Espagne Le gouvernement socialiste veut inciter les salariés à travailler plus longtemps et compte pénaliser les départs en préretraite

Faire travailler les salariés espagnols plus longtemps et freiner les départs à la retraite anticipée. Telles sont les deux idées forces de la prochaine réforme de la Sécurité sociale prévue par le gouvernement socialiste de José Luis Zapatero. Le projet, présenté la semaine dernière par le secrétaire d’Etat à la Sécurité sociale, Octavio Granado, et négocié en ce moment entre syndicats et employeurs, entend inciter entrepreneurs et salariés à prolonger la durée du temps de travail. Objectif, bien sûr : augmenter le nombre des actifs espagnols cotisant à la Sécurité sociale. En 2002 déjà, les conservateurs du gouvernement Aznar avaient reculé l’âge de la retraite de 63 à 65 ans et facilité l’embauche de seniors dans les entreprises, grâce notamment à des exemptions fiscales.

Contrairement à la France, où la Sécurité sociale donne lieu à un psychodrame permanent, Madrid voit dans la réforme une opportunité à saisir alors même que « la Sécurité sociale espagnole vit la meilleure situation économique de son histoire ». Aux yeux des responsables espagnols, « il ne s’agit pas d’une réforme de crise. Nous ne cherchons pas à réduire la taille de notre protection sociale, mais à faire en sorte que la croissance de la protection et des prestations soit compatible avec la croissance économique et l’évolution des réalités sociales ».

Le gouvernement reconnaît tout de même : « Le poids des retraites dans le PIB va croître au cours des prochaines années, conséquence de l’amélioration de la protection sociale et du vieillissement de la population. Il faut gérer cette évolution. » Le ministère du Travail entend donc inciter les salariés à repousser l’âge du départ en retraite. Actuellement, les salariés âgés de 65 ans et ayant cotisé leurs 35 annuités sont pénalisés s’ils continuent à travailler. Dorénavant, ils pourront rester à leur poste et augmenter leur retraite. Selon un principe simple : « Les pensions des retraités partis à 66 ans doivent être supérieures à celles de ceux partis à 65. » La retraite maximale sera déplafonnée.

Dissuader les départs anticipés

Autre mesure annoncée : dissuader les départs en retraite anticipée. L’âge minimum pour les préretraites passera de 60 à 61 ans et il sera exigé un minimum de cotisation de trente ans. Et, pour décourager les seniors d’abandonner trop tôt leur travail, le gouvernement veut mettre en place des « coefficients réducteurs » qui diminuent le montant de la pension versée de 6,5% par année manquante pour aller jusqu’à 65 ans, en plus d’une pénalité fixe de 1%. Toutefois, ces coefficients réducteurs seront abaissés de 0,5% par année cotisée au-dessus de quarante annuités. Le texte envisage aussi de verser des pensions plus généreuses à ceux qui auront été licenciés qu’à ceux qui seront partis en préretraite négociée.

Prudent, le gouvernement ne donne toutefois pas de calendrier pour adopter ces mesures. « Nous sommes en négociation avec le patronat et les syndicats dans le cadre du dialogue social, et une fois l’accord trouvé, nous établirons le projet de loi », explique-t-on au ministère du Travail, mais le syndicat Commissions ouvrières (CCOO) a déjà fait part de sa méfiance.

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