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Maguy Day | Le Monde le 5 janvier 2007

Zone euro : la reprise se confirme mais reste lente

vendredi 5 janvier 2007 par Maguy Day
Après plusieurs faux départs, la reprise économique des pays ayant adopté l’euro se confirme mais reste potentiellement lente, estime l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans une étude consacrée à la zone euro, publiée mercredi 3 janvier.

Alors que la Slovénie a rejoint, le 1er janvier, les douze pays disposant déjà de la monnaie unique, l’OCDE établit un bilan globalement positif de l’union monétaire et économique en Europe.

Pour la première fois depuis plus de cinq ans, le produit intérieur brut (PIB) - qui a progressé de 3,5 % au premier semestre 2006, après une croissance de 1,5 % en 2005 - a dépassé son potentiel durant deux trimestres consécutifs.

Grâce au dynamisme de la demande en Asie, mais aussi dans les dix pays qui ont rejoint l’Union européenne en 2004, les exportations de la zone euro ont beaucoup progressé en volume depuis 2003. L’union économique et monétaire aurait engendré une augmentation de 5 % à 15 % des échanges commerciaux de la zone, selon les analystes.

La reprise s’est ensuite étendue à l’investissement des entreprises, qui a connu une forte accélération au premier semestre 2006, même si la consommation restait relativement modérée.

Parallèlement, la création d’emplois a repris vers fin 2005, ce qui a permis au chômage de repasser sous la barre des 8 % pour la première fois depuis 2001.

En ce qui concerne l’objectif de stabilisation des prix, la monnaie unique a atteint son but dans les pays qui s’étaient caractérisés par une forte inflation et une politique monétaire erratique. L’inflation fluctue autour de 2 % depuis six ans, malgré les hausses des prix de l’énergie.

Cela étant, l’OCDE n’envisage pas que la croissance de court terme dépasse de beaucoup son potentiel de 2 %. "La croissance du PIB d’environ 2,25 % par an prévue pour 2007 et 2008 est encore modeste par rapport au reste de la zone OCDE, même si l’écart de croissance est plus faible lorsqu’on la mesure par tête d’habitant", précise le rapport.

A plus long terme, la croissance tendancielle du PIB par habitant de la zone euro, qui serait proche de 1,5 %, contre 2 % aux Etats-Unis, déçoit. Ainsi, le PIB par habitant de la zone euro était inférieur de 29 % à celui des Etats-Unis, en 2005.

Ce différentiel est à mettre sur le compte d’un décalage technologique, lié à l’existence d’obstacles à l’innovation et à la concurrence, ainsi qu’à de larges écarts en termes d’offre de main-d’oeuvre et de productivité du travail. Cette dernière a ralenti sur le Vieux Continent depuis la fin des années 1990, mais fortement augmenté aux Etats-Unis.

Pour mettre fin à cette lenteur de la croissance potentielle, "talon d’achille" de la zone euro, les pays doivent poursuivre les réformes structurelles, estiment les experts de l’OCDE. Les économies européennes pourront alors être en mesure d’absorber rapidement les chocs négatifs, puisqu’un ralentissement plus prononcé que prévu aux Etats-Unis, une nouvelle flambée des prix du pétrole ou une appréciation brutale de l’euro ne peuvent être totalement écartées.

Quant aux progrès réalisés en matière d’intégration économique par les pays membres de la zone euro, ils ont été plus ou moins prononcés selon les domaines. Alors que certaines économies sont parmi les plus prospères au monde, quand d’autres sont en retard en termes de niveau de vie, "une politique monétaire commune ne pourra pas convenir en permanence à tous les pays", admet l’OCDE

L’Organisation préconise une plus grande souplesse et intégration des marchés des produits, du travail et des capitaux pour que la situation évolue sans heurts au sein de l’union monétaire.

Elle juge finalement réussie la politique de la Banque centrale européenne (BCE). Celle-ci a maintenu les taux d’intérêt à court terme à un niveau historiquement faible de 2 % de juin 2003 à décembre 2005, avant de resserrer les conditions monétaires.

"Les indicateurs laissent apparaître des tensions inflationnistes au cours de l’année ou des deux années à venir", convient l’OCDE, qui considère que ce renchérissement du crédit ne portera pas atteinte à la croissance. "Le niveau des taux reste inférieur à la plupart des estimations du taux neutre, ce qui signifie que la politique monétaire soutient encore l’activité", souligne l’Organisation.

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