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Article de Lénaïg Bredoux paru dans L’Humanité du 12 septembre 2006

à l’appel de la CGT, journée d’action chez Fabio Lucci

mercredi 13 septembre 2006 par Lénaïg Bredoux
Commerce . Les salariés de la chaîne étaient appelés à la grève, hier, pour exiger 5 % de hausse des salaires. Le magasin d’Alès est bloqué depuis le 10 juillet.

Eux travaillent dans un prestigieux hôtel parisien, le George-V. Elle, dans une boulangerie Paul, le jeune homme dans un Planet Hollywood, d’autres sont des anciens de la Samaritaine. Ils sont tous là, à 8 heures, devant l’église de Pantin (Seine-Saint-Denis), un sac contenant banderoles, autocollants et un mégaphone à leurs pieds. Ils sont une trentaine de salariés du commerce et des services, syndiqués à la CGT, et prêts à participer à la journée nationale d’action chez Fabio Lucci.

Les employés des 135 magasins de l’enseigne de vêtements étaient en effet appelés à la grève, hier, par la seule CGT, pour exiger 5 % d’augmentation de salaires. En région parisienne, la Fédération du commerce avait organisé une action symbolique de blocage de l’entrepôt et du siège du groupe Vetura, propriétaire de Tati et de Fabio Lucci. Évidemment « en résonance », selon l’expression d’Olivier Bireaud (CGT), avec le combat entamé le 10 juillet dernier par les douze salariés du magasin d’Alès (Gard).

Deux d’entre eux étaient d’ailleurs présents, hier matin, à Pantin. Très vite, le ton monte, trop de fatigue, d’exaspération. Tous racontent la même histoire, celle de « métiers pourris », de conditions de travail « de pire en pire », de harcèlement syndical - « ils sont toujours derrière nous ». « On est avec lesFabio Lucci, parce qu’aujourd’hui c’est ici, demain, cela peut être chez moi. On a tous les mêmes problèmes », dit un salarié, « sept fois averti, trois fois mis à pied » par sa direction. Au prix de quelques coups échangés avec les vigiles, les cégétistes finissent par se poster devant le siège du groupe Vetura. À plusieurs reprises, les salariés scandent « Négociations ! » en claquant dans leurs mains. « La direction de Fabio Lucci joue la carte du pourrissement, reprend Olivier Bireaud. Elle refuse de négocier. » Et au prix de quelques cris et d’une franche bousculade, une délégation composée de trois syndicalistes est finalement reçue par le groupe.

Ils ressortent en fin de matinée. Vetura refuse de rouvrir les négociations annuelles sur les salaires et se tait sur Alès, où les salariés sont encore en grève, le magasin toujours bloqué. Il faut dire que l’appel à la grève n’a pas été suivi, hier, par le reste de la France. « Des tracts ont été distribués, mais il n’y a pas eu de débrayage », rapporte Olivier Bireaud. Le salarié d’un hôtel : « Dans le commerce et les services, les gens ont peur des représailles, d’être montrés du doigt. » Un rassemblement devait avoir lieu, hier, en fin de journée, à Alès.

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