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climat social : orages en vue

mardi 11 janvier 2005 par admin

Les 35 heures, bataille syndicale entre toutes, vont-elles favoriser une réconciliation syndicale ? Comme elles l’envisagent depuis la mi-décembre, les confédérations se retrouvent aujourd’hui. Initialement prévue pour riposter contre les coups de boutoir portés contre la réduction du temps de travail, la rencontre s’est élargie à d’autres thématiques. Il sera question, cet après-midi, non seulement des 35 heures mais aussi de l’emploi, des salaires et du Code du travail.

« Réunion fourre-tout », clame la CFE-CGC, qui devrait être la seule absente. Le temps de travail, c’est d’abord une question de salaire et d’emploi, rétorquent les autres. « Le débat autour des 35 heures concerne moins celui d’une réduction du temps de travail que celui de la rémunération du travail », justifie Maryse Dumas, secrétaire confédérale en charge du secteur revendicatif à la CGT. « Le MEDEF cherche avant tout dans les assouplissements prévus les moyens de ne pas augmenter les salaires et de ne pas payer les heures supplémentaires. Il est donc logique de s’en préoccuper, tout comme de l’emploi puisqu’avec cette réforme les employeurs vont pouvoir non pas embaucher mais faire travailler davantage ceux qui travaillent déjà », ajoute-t-elle.

la revendication salariale privilégiée

La CFDT dénonce aussi « l’impasse sur l’emploi » que constitue, de fait, l’augmentation du nombre autorisé d’heures supplémentaires, et fustige le « leurre » qui consiste à faire croire aux salariés qu’en travaillant plus ils vont gagner plus. FO privilégie de toute façon la revendication salariale depuis septembre. « Pour nous, la rencontre d’aujourd’hui a toujours inclus une discussion sur le besoin d’augmenter les salaires, car c’est la priorité des salariés », tranche René Valladon, secrétaire confédéral chargé de l’organisation.

La coupe est assez pleine pour qu’un accord entre confédérations ne pose pas problème. La discussion va principalement porter sur l’endroit où poser le curseur revendicatif : faut-il tirer un rendez-vous par une exigence prioritaire ou privilégier l’interaction entre les différents thèmes ? Quoi qu’il en soit, un consensus semble se dégager pour organiser une journée nationale de mobilisation, avec des manifestations et des initiatives décentralisées, pour le début de février, probablement un samedi après-midi comme l’a proposé François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, la semaine dernière. La date va, le plus possible, correspondre au calendrier gouverne- mental de réforme sur les 35 heures. Mais celui-ci tente de prendre les syndicats de vitesse, par crainte d’un réveil des tensions sociales. Hier, Pierre Morange, un des quatre députés de l’UMP chargés par le premier ministre de rédiger le texte et rapporteur de la proposition de loi, a annoncé, dans un entretien pour la Tribune, que la discussion en séance plénière pourrait commencer dès le 1er février. Le député des Yvelines a déjà prévenu que le texte sera déposé dès la reprise de la session parlementaire, le 18 janvier (voir page 4).

« Ne pas résister serait trahir »

Dans ce bras de fer, le gouvernement pourrait cette fois jouer perdant. Même si la confortable majorité de droite ne laisse droit à aucun suspens quand au vote final, un appel à la mobilisation interprofessionnelle et quasi unanime des confédérations syndicales pourrait contrarier ses projets. Car les syndicats multiplient les déclarations critiques vis-à-vis des décisions gouvernementales, et pas seulement sur les 35 heures. Le secrétaire général de la CFTC, Jacky Dintinger, espère bien parvenir à « montrer au gouvernement qu’il fait fausse route ». Espérant, comme tous les autres, convaincre la CFE-CGC de participer à la réunion d’aujourd’hui, il insiste sur le fait qu’« il est largement temps de dire que nous en avons assez des agressions contre les acquis sociaux ».

Dans une tribune publiée dans le journal le Monde la semaine dernière, Jean-Claude Mailly dresse un véritable réquisitoire contre le bilan social du gouvernement : ce n’est pas « à une simple remise en cause partielle et conjoncturelle des règles et acquis sociaux que l’on assiste, mais à une véritable offensive portée par le néoconservatisme contre les structures sociales de nos pays ». Le secrétaire général de FO en conclut que « ne pas résister serait tout simplement trahir les salariés ». Même conviction à la CGT. Maryse Dumas considère que parvenir à s’entendre aujourd’hui sur un appel à manifester serait un « acte salutaire, tout particulièrement pour les salariés des petites entreprises » qu’il faut « encourager à sortir du climat de culpabilisation ». La responsable syndicale a la dent dure contre « le MEDEF, qui cherche à leur faire croire que la seule issue pour affronter la concurrence internationale serait de renoncer à leurs droits ».

Non invitée à participer à la réunion intersyndicale qui se limite aux seules confédérations, l’UNSA à déjà annoncé « s’associer aux initiatives » et espérer que la - rencontre d’aujourd’hui « débouche sur des décisions d’action concrète et unitaire ». Lsyndicale craint « la réactivation des propositions très libérales du rapport Novelli » sur les 35 heures. Une convergence qui amène à se demander si la CFE-CGC pourra tenir longtemps sur sa position sans courir le risque de s’isoler.

Vous pourrez lire une anlyse de la proposition de loi ici
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