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Philippe Jérôme | L’Humanité du 04.08.2011

la lutte sans trêve des fralib de Gémenos continue

mardi 9 août 2011 par Philippe Jérôme
Les syndicats organisent des tours de garde de l’outil de travail pendant les congés. Ils n’ont pas confiance dans la direction. Bouches-du-Rhône, Envoyé spécial,
Comme la plupart des 182 salariés de l’usine Fralib de Gémenos que la direction de la multinationale Unilever envisage toujours de fermer prochainement, Eddy ne s’est octroyé cet été que quelques jours de vacances. « On sera peut-être viré bientôt, alors on fait attention », dit ce jeune ouvrier qui mesure mal la portée du jugement de juillet du TGI de Marseille déboutant le comité d’entreprise de sa demande d’annulation du plan de licenciement. Il était de retour hier dans les ateliers qui sont à l’arrêt jusqu’au 16 août, pour « avoir des nouvelles » et pour y prendre son tour de garde. « Nous n’avons plus aucune confiance dans la direction et la vigilance s’impose en cette période particulière », souligne le délégué CGT Olivier Leberquier. Un dispositif de surveillance de l’usine a été mis en place, de jour et de nuit, y compris le week-end, « pour prévenir toute dégradation et empêcher un éventuel déménagement des machines, notamment celles que nous avons intégrées dans notre projet industriel alternatif autour de la marque Éléphant », explique-t-il. La lutte des Fralib ne connaît ainsi ni trêve ni repos. Hier matin, deux équipes d’une quinzaine de bénévoles chacune ont relancé la campagne CGT de boycott des produits Lipton. L’une s’en est allée coller des affiches. L’autre, devant les entrées principales de l’hypermarché Auchan, distribue des tracts et place des autocollants sur les chariots et les bornes du parking. L’accueil que leur réservent les consommateurs est plutôt favorable. Ils connaissent le funeste projet d’Unilever et savent que la plupart des élus locaux, des municipalités environnantes jusqu’au conseil régional, soutiennent l’idée des syndicats selon laquelle Éléphant, marque française, doit rester et se développer en Provence. Cet appui souvent ouvertement exprimé des clients d’Auchan amène le chef de la sécurité du magasin et la police nationale à intervenir discrètement pour tenter de faire cesser la pose des autocollants. En vain, les militants menaçant d’aller aussi sec vider certains rayons des boîtes de thé Pyramid. La détermination des Fralib n’a d’égale que leur colère  : Unilever, qui prend prétexte, entre autres, d’une surproduction en Europe pour fermer «  leur  » usine, a fait installer une vingtaine de machines neuves à Katowice (Pologne) pour y produire massivement des sachets de thé. Ce qui fait dire au délégué CGT Johnny Groutsche que «  dans ces conditions on ne peut qu’être mobilisés et faire monter en puissance nos actions  ».
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