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Une dépèche AFP parue sur lemonde.fr le 7 juin 2006

115 syndicalistes assassinés en 2005 dans le monde

mercredi 7 juin 2006

La répression antisyndicale a fait 115 morts dans le monde en 2005, trente de moins qu’en 2004, la répression frappant avec une particulière dureté les femmes et les travailleurs migrants, selon le rapport annuel de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL).

Ce bilan reflète une violence meurtrière en Colombie, où 70 syndicalistes sont morts l’an dernier, 99 en 2004. Ce pays demeure le plus dangereux au monde pour l’activité syndicale parmi les 137 pays scrutés par la première organisation syndicale mondiale (236 syndicats affiliés dans 154 pays). En outre, plus de 1 600 syndicalistes ont été agressés et 9 000 autres arrêtés l’an dernier, dit le rapport.

La cartographie des Etats régulièrement épinglés, théâtre des violations les plus graves, comprend aussi la Chine , la Birmanie, le Cambodge, le Salvador, le Guatemala, Djibouti, le Zimbabwe et l’Iran .

Le secrétaire général de la CISL, Guy Ryder, dans une introduction au rapport, déplore, en 2005, une "effroyable violence sauvage" à l’encontre des travailleurs qui défendaient "leur droit à un juste salaire, à des heures de travail acceptables et à des conditions sûres". Il note en particulier des "tendances très inquiétantes" à l’égard des femmes, notamment en Colombie , où le personnel enseignant, souvent féminin, a été plus particulièrement touché par la répression, mais aussi à l’encontre des travailleurs migrants et des personnes travaillant dans le secteur public.

MIGRANTS "HONTEUSEMENT EXPLOITÉS"

L’enseignement et la santé, deux secteurs qui emploient des femmes en nombre, ont subi en 2005 des restrictions de leurs droits de "s’organiser, négocier collectivement et faire grève", notamment au Canada . Mais c’est dans les usines textiles et électroniques "farouchement antisyndicales" des zones franches d’exportation d’Asie et d’Amérique centrale que les femmes ont été le plus durement réprimées.

Au Koweït, à Oman, au Qatar, en Arabie saoudite , en Libye et en Jordanie, où les syndicats "restent totalement interdits" ou soumis à de fortes restrictions légales, les travailleurs migrants sont "honteusement exploités", s’inquiète en outre la CISL. Aux Emirats arabes unis, 130 travailleurs de la construction en grève ont été "sauvagement agressés" et "certains travailleurs migrants n’ont plus touché leur salaire depuis parfois seize mois", rapporte l’organisation. Si le Qatar s’est doté d’un nouveau code du travail autorisant la création de syndicats libres, au Bahreïn, une législation plus restrictive a été adoptée, note la CISL.

En Asie aussi, les travailleurs migrants sont en grande difficulté. "Le gouvernement de Corée du Sud a refusé de connaître le syndicat nouvellement créé de travailleurs migrants, dont le président a été arrêté et sauvagement tabassé par la police", dit M. Ryder ; et en Thaïlande, les travailleurs migrants ont été menacés et inscrits sur une liste noire.

Ce rapport est le dernier publié par la CISL, car celle-ci va se fondre dans une nouvelle internationale regroupant les deux grands courants, laïque et chrétien, du syndicalisme mondial, qui verra le jour début novembre à Vienne, en Autriche.


Des multinationales particulièrement répressives

Quelques multinationales foulent régulièrement les droits syndicaux dans le monde, souligne la Confédération internationale des syndicats libres (CISL ) dans son rapport sur l’année 2005.

Renault  : chez Iran Khodro (Iran), qui produit des voitures pour le constructeur automobile français, "les tentatives pour former un syndicat menées par les travailleurs ont été mises en échec par les autorités, et un grand nombre d’entre eux ont été licenciés pour avoir protesté contre le non-paiement des salaires", rapporte la CISL. Un salarié "a été emmené par le personnel de sécurité de l’entreprise et durement tabassé" le 12 avril, avant de "réapparaître plusieurs semaines plus tard à la prison d’Evin, de sinistre réputation, à Téhéran". A la suite d’une campagne internationale, il a été relâché le 1er juin.

Wal-Mart  : l’américain, numéro un mondial de la distribution, a fermé fin avril son magasin de Jonquière au Québec, "laissant 150 personnes sans emploi, et invoquant la non-rentabilité" du site, dit la CISL. Mais "l’opinion publique y a vu une vengeance" car les salariés mis à pied avaient "été les premiers en Amérique du Nord à implanter un syndicat en août 2004, avec qui la multinationale était tenue de négocier par la loi québécoise", poursuit-elle. "Cet employeur, dont le taux de roulement annuel de personnel peut avoisiner les 75 %, utilise harcèlement, espionnage électronique, délation et filature des militants syndicaux pour empêcher l’implantation de syndicats", rapporte la CISL.

Gate Gourmet : les travailleurs employés à l’aéroport de Düsseldorf par la société qui fournit des plateaux-repas aux avions de ligne se sont mis en grève en octobre. La direction "a eu recours à une agence de recrutement pour embaucher des briseurs de grève et livrer les plateaux-repas aux avions de ligne", dit la CISL.

LIDL  : en Allemagne , la chaîne allemande de supermarchés à bas prix "est restée farouchement hostile aux syndicats", dit la CISL, au point que sa direction a préféré "fermer des magasins plutôt que d’accepter la présence d’un syndicat".

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