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Christophe Deroubaix | L’Humanité du 19.10.2007

18 octobre 2007 : À Marseille, un partenariat public-privé

vendredi 19 octobre 2007 par Christophe Deroubaix
50 000 manifestants, parmi lesquels de nombreux salariés du secteur privé, ont défilé hier dans la cité phocéenne. Les cheminots en grève à 85 %, un record absolu.

C’est une jauge incontournable. Même la police ne peut la contester : à Marseille, quand les derniers manifestants piétinent encore sur le Vieux-Port alors que les collègues de tête taquinent déjà l’apéro vers la place Castellane, les organisateurs ont remporté leur pari. Il faudra donc ajouter ce 18 octobre à la longue liste des grandes manifs marseillaises. Depuis plusieurs jours, le succès de la mobilisation ne faisait plus de doutes. Mardi matin, 85 préavis de grève étaient parvenus au siège départemental de la CGT.

Hier, vers 9 h 30, soit une heure avant l’heure officielle du rendez-vous, banderoles et pancartes commençaient déjà à apparaître sur la Canebière. Au final, plusieurs dizaines de milliers de personnes - 50 000 annonceront les syndicats - ont participé au défilé contre la réforme des « régimes spéciaux » de retraite. Mais pas seulement. Il y avait, bien sûr, des cheminots de la région. 85 % de grévistes, hier : record absolu. Mais la forte présence de salariés du secteur privé tordait (pour de bon ?) le coup aux accusations de manif corporatiste. En tête du cortège, une banderole résumait : « Public-privé-retraités : UNIS ».

« Les attentes sociales sont toujours très présentes, appréciait Mireille Chessa, secrétaire départementale de la CGT.

Ce « tous ensemble » part d’en bas, des préoccupations. La dynamique unitaire, construite par les revendications, prend « naturellement ». Pour Jean-Marie Cavagnara, son homologue de la CFDT, « les mesures gouvernementales inquiètent les salariés. Cela explique que cette journée déborde du seul cadre des régimes spéciaux. Et ça s’amplifiera. C’est un avertissement au gouvernement, sur la méthode comme sur le fond, pour l’ensemble de son oeuvre. »

Depuis quelques jours, Djamila Salvatori, déléguée syndicale CGT chez Fabio Lucci, a senti le climat évoluer : « Beaucoup de salariés se rendent compte qu’ils se sont fait duper pendant la campagne présidentielle. « Travailler plus pour gagner plus », cela veut dire quoi alors que dans le commerce il y a beaucoup de temps partiel. Si c’est pour payer les franchises médicales… » Serge Gautier, responsable CFDT de la chimie évoquait lui aussi l’ambiance dans les entreprises : « Les salariés perçoivent qu’il ne s’agit que de la première étape. Dans un climat marqué par l’affaire EADS ou le bouclier fiscal, le sentiment d’injustice est fort. Ce qui est insupportable, c’est la réforme par le bas. »

Premières cibles de ce nivellement : les cheminots. Fortement présents dans le défilé marseillais, ils se félicitaient de la mobilisation interprofessionnelle. « Nous avons surtout besoin d’un mouvement public-privé pour éviter le piège de la division car c’est le régime général qui est dans le collimateur », rappelait Jacques, cheminot retraité. « La suite ne peut pas s’écrire sans la convergence public-privé », assurait Jean-Marc Coppola, cheminot et secrétaire départemental du PCF, à l’initiative d’une pétition « pour refuser la remise en cause des régimes spéciaux et pour exiger un grand débat national sur les retraites ».

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